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‘Tempête’ de Samuel Collardey : le combat ordinaire d’un père menacé par l’amer

3 mars 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Le cinéma l’Atalante de Bayonne et le Sélect de St Jean de Luz ont fait du film « Tempête » de Samuel Collardey leur coup de coeur du mois, cette plongée dans le combat ordinaire d’un père pour garder ses enfants le méritant raisonnablement.

Il y a ces tempêtes auxquelles on peut se préparer tout petit, comme ce Dominique qui rêvait depuis l’âge de 6 ans de monter sur un bateau, « comme le père ».

Les matins où l’on se réveille avant les autres, même la gueule de travers, et puis les paquets de mer qui vous tombent sur le coin du cigare, pour des poissons qui arriveront sur l’étal des poissonniers sans rappeler comme ici ce qu’il en coûte.

tempete-Collardey-4Et puis il y a les autres tempêtes, que l’on a plus de mal à accepter, qui menacent votre amour-propre, et vos rêves d’être « le bon père » espéré par vos drôles.

La carte bleue qui ne passe plus au supermarché, la chaudière qui s’arrête faute de fioul dans la cuve, ou le fil de fer à coincer dans le compteur électrique.

De la survivance, au quotidien, comme le Combat ordinaire du dessinateur BD Manu Larcenet.

Celles-là ne sont pas nouvelles, tant bien même qu’à force de croire que cela va passer, ça vous écrase de penser que vous seriez plus con que les autres à ne pas les voir débouler, juste avant que vos gosses ne partent rejoindre leur mère, « il fait trop froid ici, et puis son nouveau copain a des sous, lui ».

tempete-Collardey-3La question posée par « Tempête » de Samuel Collardey, sorti le 24 février dernier, n’est pas tant de découvrir que la vie est loin d’être formidable, que de rappeler ce que le combat pour ne rien lâcher a d’inégal.

Le Dom qui bataille pour ne pas tomber dans l’amer a quelque chose à voir avec nous tous, la colère en moins sans doute.

Il ne s’énerve pas, sa dignité est son dernier rempart, et son fils et sa fille valent les victoires à la Pyrrhus qui lui font abandonner ses rêves de marin, trop souvent éloigné d’eux, trop précaire aussi.

tempete-Collardey-5Il faut juste une petite heure et demie au réalisateur pour nous plonger dans l’archi-connu sans nous écraser, sans nous livrer une figure invraisemblable du gars qui saurait s’en débrouiller.

Le cinéma n’est pas toujours plus grand que la vie, il a parfois juste le mérite de rapporter que nous ne pouvons pas affronter un grizzly à main nue comme le Hugh « Leonard di Caprio » Glass de The Revenant.

A persister à s’intéresser aux riens du tout, ces films-là gardent l’intention de nous montrer qu’on est pas tout seuls à cracher dans les paumes des mains. Qu’on n’est pas tout seuls tout court, finalement, comme le Jef de Brel.

tempete-Collardey-1Ce n’est pas totalement renversant, cette « Tempête », et ça ne sait pas toujours bien se dégager d’une dramaturgie soucieuse d’embarquer le réel avec elle, la méthode un peu documentaire affaiblissant la portée de la fiction.

Mais il y a là une écoute, une mise en évidence du respect à garder en soi, qui sont les bienvenues.

tempete-Collardey-2Coup de coeur de pas mal d’exploitants art et essai en France, le film est reparti avec le Prix d’Interprétation masculine au dernier Festival de Venise pour Dominique Leborne, qui joue au cinéma pour la première fois et y interprète sa propre vie, sa propre histoire.

Ca rend le film assez vertigineux, on peut en ressortir sacrément chaviré.

Lundi soir, à l’Atalante de Bayonne, une autre proposition cinéma apportera d’autres émotions, « à vous faire grimper au bambou » : à ne pas rater donc l’avant première du film The Assassin du Taïwanais Hou Hsiao-Hsien, probablement la vraie Palme d’Or du coeur du dernier Festival de Cannes, tout de splendeur hypnotique.

the-assassin


 


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