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Temps d’aimer 2013 : Ama Lur

10 octobre 2013 > > Soyez le premier à réagir !

Il ne faudrait pas y voir de symbole. Juste des retrouvailles chaleureuses, émues, fraternelles. La rencontre cette année de ceux qui bâtirent la 1ère édition du Temps d’Aimer, il y a 23 ans. Et ce pendant près de dix ans par la suite.

Jakes Abeberry, Président de Biarritz Culture, et Victor Ullate, chorégraphe de Zaragoza, danseur des ballets du XXème siècle de Maurice Béjart, rejoint par Eduardo Lao, fils de Grenade, désormais directeur artistique du ballet Victor Ullate de Madrid.

Les deux premiers savent ce qu’ils se doivent l’un à l’autre. Quand Jakes put nourrir son envie de festival de danse néo-classique par l’appui et les connaissances de Victor. Quand Victor comprit que sa reconnaissance en dehors de l’Espagne bénéficierait d’une exposition assurée à Biarritz.

Ils ne s’étaient guère revus depuis ces années d’éclosion, mais sans jamais s’être perdus de vue. A leur première rencontre, ils n’avaient pas d’autre pays en commun que la danse. Une terre-mère que l’un appelait ama-lur, quand l’autre parlait de tierra-madre. Deux déserts anciens, dont ils étaient des rêveurs obstinés. Salive crachée sur les paumes des mains. Et regards déterminés. Aujourd’hui, tout est plus facile, mais hier était une chienne de l’enfer, les deux hommes savent le chemin parcouru.

Ce soir, le Festival se terminera par ce Coppélia écrit par Eduardo Lao. Vingt interprètes sur des pointes, et l’histoire d’une fascination pour une danseuse automate, mécanique. Comme celle que nous découvrions, enfants, dans la boite à bijoux de nos mères, qui nous fascinait plus que les ors et les rubis. Et que nous pouvions regarder des heures.

Elle tournait sur elle-même, son visage disparaissait, puis revenait. Un cycle, celui que nous a décrit la plupart des chorégraphes rencontrés durant ces dix jours. L’obsession de le faire naître d’un mouvement de rotation, l’angoisse de le voir s’interrompre.

Il ne faudrait pas y voir un symbole, nous a-t-on répété. Ni dans cette soirée de clôture, ni dans la soirée d’ouverture, avec ce Cendrillon de Thierry Malandain, renvoi majestueux vers nos univers d’enfants, dans un Biarritz que Jakes n’a de cesse de décrire comme “une Belle au bois dormant qui aurait été réveillée”, après que l’équipe municipale de Didier Borotra ait mis fin à 30 ans de disparition de la danse classique dans ses murs.

Ne pas y voir de symbole, et se contenter de croire dans le hasard, nous demande-t-on, au moment où cette édition 2013 marque une page tournée, où se sont inscrits des hommes, des énergies, des convictions. La danseuse mécanique tourne, dissimule son visage, mais continuera de tourner.

L’avenir se nourrit de réponses, même ponctuelles, à opposer à nos incertitudes. Ce n’est pas une question de symbole, mais c’est un constat. On aura rarement compté autant de spectateurs devant les propositions dévoilées cette année, et les échanges entre compagnies, danseurs et chorégraphes n’ont pris aucun repos. L’envie a pris racine, dans cette terre-mère foulée par leurs créations pressantes et par nos pas pressés. Présence incontestable d’une autre vie dans nos vies.

Les hommes qui se sont retrouvés ce samedi soir ont cela en commun. Avoir partagé l’essentiel, celui d’enfants regardant la danseuse sur le coffre à bijoux. Et avoir décrété que cela serait plus fort que la mort ou l’ennui.

On peut y voir le symbole d’une petite vérité, offerte, le temps d’aimer.


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