Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

Temps d’Aimer la Danse 2017, Biarritz : pour ce qui se fait de bien (et c’est mieux)

3 juillet 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Du 8 au 17 septembre prochains, Biarritz reprend corps avec le Temps d’Aimer la danse, l’énergie et la créativité de nombreuses compagnies françaises et internationales, valant comparaison avec un Festival qui a dépassé ses limites financières par une envie une nouvelle fois éclatante de mettre la danse au milieu de la vie de cette ville.

Lors de la présentation de son programme 2017 à la presse vendredi dernier, l’angle d’approche du festival annuel de danse à Biarritz, le Temps d’Aimer (du 8 au 17 septembre prochains), tel qu’initié il y a 27 ans sur la côte basque, a une nouvelle fois affiché le respect de l’esprit de ses fondateurs, dans son souhait de rendre visible à chaque fin d’été un panorama subjectif de la création néo-classique internationale.

(de gauche à droite : Thierry Malandain, Jakes Abeberry, et Eloixa Ospital, communication festival)

Son architecte initial, Jakes Abeberry, Président de la structure para-municipale Biarritz Culture qui le met en oeuvre, excelle à raccourcir année après année son intervention dans l’exercice imposé face aux journalistes, et, vendredi dernier, entre son « Ongi etorri » préliminaire et un « Bon Festival à tous », se sont glissés à peine quelques mots pour résumer son état d’esprit, entre satisfaction personnelle et sentiment de la bonne route prise, et jamais quittée.

Cie Hervé Koubi (France-Algérie) – « Les nuits barbares » – sam 16 sept

Sa conviction est ancrée que ce Temps d’Aimer la danse est devenu au fil des éditions le Temps d’Aimer Biarritz, le rêve initial de l’adjoint culturel historique de la ville (de 1991 à 2001), qui ne prêtera aucun attention aux doutes tant que sera présent à ses côtés Thierry Malandain, chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique National de Biarritz.

Kibbutz Contemporary Dance Cie (Israël) « Horses in the Sky » – sam 9 septembre

Une rare complicité unit les deux hommes, par un très grand respect mutuel tout d’abord, puis dans ce refus souriant de tirer la couverture à soi, dans leur appréhension commune que seule la danse doit garder une place centrale.

L’éclectisme de son programmateur n’a jamais valu obsession de Thierry Malandain de ne programmer que ce qu’il lui plait. Et certaines éditions ont pu voir cet immense chorégraphe intérieurement agacé de voir le public applaudir ce qu’il pouvait considérer comme de l’illustration trop clinquante de la discipline à qui il a voué sa vie.

Mais aucun de ses mots, aucun de ses regards, ne souhaite réduire le risque pris.

Cie Eco/Emilio Calcagno (Italie) – « Catania Catania » – Mardi 12 sept

De mémoire de festivalier, il est par contre plus difficile de rater la sortie de chaque spectacle, année après année, du Commodore biarrot, autant à l’aise dans le verbe et le geste pour ses adhésions passionnées et ses scepticismes, ne valant jamais rejet cinglant ou langue de bois.

Aterballetto (Italie) – « Golden Days » – Vendredi 15 sept

La danse, la danse, un Temps pour cela, sans la mention Darty « Satisfait ou remboursé », comme l’espoir porté haut que les arbres fondateurs restent vivaces et nourriciers, porteurs de repousses timides, incontestables, ou puissamment inattendues.

Cie Jean-Claude Gallotta (France) – « My rock » – Mercredi 13 sept

Biarritz de fait n’a pas vocation à être l’endroit où ce que l’on voit de mieux dans le genre, le budget du Festival (260.000 euros, à des hauteurs dix fois inférieures à ce qui lui est comparé) ne permettant pas de toute façon cette ambition.

Le Temps d’Aimer assume alors être la place multiple où s’y retrouve ce qui se fait de bien, dans l’élargissement de ses frontières artistiques et géographiques, et dans la fidélisation de tous.

Martin Harriague (France) – « Pitch » – Dimanche 10 sept

Les compagnies et les chorégraphes présentés y font des retours réguliers, à la fois pour la terre d’accueil pour leurs nouvelles créations que pour y tenter, ici, ce qui échappe aux critères d’achats des spectacles ailleurs.

Le public en forme le centre, qui a compris et accepté lui aussi ce « bien » contre ce « mieux », remplissant quasiment toutes les propositions durant 10 jours, et se gardant d’interdire le moindre faux-pas.

Cie de Danza de Bogota (Colombie) – « Natura Hominis » – Vendredi 15 sept

Investir sur cela, depuis 27 ans, vaudrait mise à mort ou suicide dans beaucoup d’autres contrées, mais la terre basque a porté suffisamment de conflits pour ne pas rajouter celui-là aux listes longues.

Quand elle daigne passer la Porte d’Orléans, la presse nationale se délecte pourtant à des déchainements sur l’impossible juxtaposition des spectacles proposés, glosant à s’en fendre le clavier sur le parjure de mêler du théâtre Nô et des variations sur Peau d’âne, sur des spectacles déjà vus ailleurs (Avignon, Montpellier, Lyon) et sur des cartes blanches offertes à des chorégraphes improbables.

Système Castafiore (France) – « Théorie des prodiges » – Jeudi 14 sept

Il faudrait ne pas les contredire et partager avec eux qu’ils n’ont pas forcément tort, avant de les raccompagner gentiment à l’aéroport.

Puis reprendre sa place dans ce « bien » devenu commun, que chaque été rougeoyant accueille avec le sourire, notamment quand il s’ouvre comme cette année par une représentation au Port Vieux, valant invitation gratuite pour 4.000 spectateurs.

CCN Grenoble / Rachid Ouramdane – « Tenir le Temps » – ouverture au Port Vieux le vendredi 8 sept

Dépasser la seule notion de spectacle, embrasser le corps de cet art, accepter son propos, découvrir son pas de côté, réajuster les nôtres dans ce que nous savions de la danse, et de ce que nous avions inscrit dans notre propre programme de plaisir.

Cie Eco/Emilio Calcagno (Italie) – « Catania Catania » – Mardi 12 sept


Le Temps d’Aimer, Biarritz, du 8 au 17 septembre 2017

Billetterie et renseignements sur le site du festival

De 18 à 40 € le spectacle, selon la salle (Gare du Midi, Casino, Colisée) – Tarif Découverte 12 € (moins de 18 ans, étudiants, chômeurs, intermittents, etc).

Nombreuses formules d’abonnement : 44 € pour deux spectacles, 72 € pour 4 spectacles, etc…


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *