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Temps d’Aimer#26, Biarritz : « Ce que le danser-ensemble dit du monde d’aujourd’hui »

5 juillet 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Réunis devant la presse la semaine dernière, les organisateurs de la 26ème édition du festival du Temps d’Aimer ont dévoilé le programme 2016 des 25 spectacles de danse qui rythmeront Biarritz du 9 au 18 septembre prochain (et malheureusement aussi son affiche, consternante).

L’exercice de présentation est complexe, a reconnu son Directeur artistique et chorégraphe Thierry Malandain, où s’entremêlent l’obligation de « nourrir » la gourmandise fidèle du public en mets les plus éclectiques possibles mais également de « proposer les esthétiques présentes chaque année, certaines très formalistes, dont nous ne pouvons faire comme si elles n’existaient pas », a-t-il commenté.

temps-aimer-2016-biarritz-1Etre « le témoin de cette création », comme l’espère le Président de Biarritz Culture Jakes Abeberry, rejoint « l’envie de faire confiance à la curiosité », pour laquelle ont été alignés de grands noms au milieu de coups de coeur et de chances données à des créations chorégraphiques encore en travaux pour l’heure.

Une politique tarifaire incitative a donc été réfléchie pour permettre la vision de plusieurs spectacles à prix dégressifs (comme la formule de 10 spectacles à 14 euros chacun, non nominative, au lieu de 40 euros par spectacle unique à la Gare du Midi sinon).

Quelques repères de programmation sont détaillés ci-après, ainsi qu’une interrogation totalement subjective sur le choix de l’affiche 2016 : la philosophie de ce rendez-vous-phare de la danse en France s’est accompagnée d’un résumé, « ce que le danser-ensemble dit du monde d’aujourd’hui », qu’il sera bien agréable de partager au crépuscule de l’été.


« Un plaisir goulu » (Thierry Malandain)


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Hofesh Shechter Company

Dans la place d’honneur des très grandes formations européennes invitées cette année, il reviendra au Britanniques de Hofesh Shechter Company d’ouvrir le bal le vendredi 9 septembre, du nom de ce chorégraphe israélien considéré comme l’un des nouveaux chefs de file de la danse contemporaine.

Un ancien de la Batsheva Danse Company, passé par le piano puis par une formation rock, dont il en a gardé l’énergie iconoclaste.

temps-aimer-2016-biarritz-9Dès ce premier week-end, il sera également possible de se retrouver devant un ballet toujours exceptionnel de l’Opéra National du Rhin, moult fois désiré au temps d’Aimer et qui a enfin trouvé une place pour Biarritz dans son agenda mondial.

Dans le même esprit de gourmandise, la venue du Ballet National de Marseille le vendredi 16 septembre (notre photo de Une) vaudrait presque spectacle de clôture, porté par un hommage permanent à son fondateur Roland petit (1924-2011).

temps-aimer-2016-biarritz-5Mais ce sont bien deux danseurs-étoile, Nicolas Le Riche et Clairemarie Osta, muses de tant de chorégraphes dans le monde entier, à qui reviendra cet honneur le dimanche 18 septembre, avec leur Para-ll-èles qui raconte leurs histoire de la danse, depuis leurs sorties de l’Opéra de Paris.


« Au milieu des rêves et des désirs » (Thierry Malandain)


temps-aimer-2016-biarritz-3De la chorégraphie vue comme un combat par l’évocation de Cervantès par Davy Brun, (vendredi 16/09) à la grande dame du flamenco Eva Yerbabuena (samedi 10/09) ou du hip hop du CCN de la Rochelle (mardi 13/09), toutes les esthétiques sont donc conviées à être présentées à Biarritz après avoir été applaudies dans de nombreuses places fortes de la danse européenne avant cela.

temps-aimer-biarritz-22La place de la douleur n’en a pas été écartée, qui devrait voir avec la Danse de la colère d’Andréa Bescond (mercredi 14/09) une traduction dansée de ces moments où la vie se fige, en l’espèce une résilience en solo d’une danseuse pour sa pièce sur son enfance d’abus sexuels dont elle fut victime de 8 à 12 ans.

Une proposition extra-ordinaire et délicate pour un drame bien plus ordinaire, « le combat pour exister, respirer, survivre », explique la chorégraphe et danseuse, récompensée très récemment d’un Molière de la meilleure performance.

temps-aimer-biarritz-23Il faudra aussi emprunter quelques chemins de résistances et de luttes face aux créations des Sud-Africains de la Cie Hors Série, dont le Toyi Toyi (samedi 17/09) mêlant hip hop et danses des townships contre l’apartheid, ou de la soirée Korzo productions (coproduit par Brumachon et Biarritz, avec le soutien du Korzo à La Haye, initiative néerlandaise incontournable de la nouvelle scène contemporaine) qui présentera avec Assassins (dimanche 11/09) un travail chorégraphique sur les peuples opprimés.

temps-aimer-2016-biarritz-2La sorcellerie et une veine fantastique sera également présente, notamment avec les Forains de la Cie Révolution (lundi 12/09), qui revisitera les Danses Macabres du Moyen âge, où les vivants et les morts s’étreignaient pour combattre les grandes épidémies qui les frappaient.


Le soutien aux compagnies et chorégraphes du Pays Basque


temps-aimer-2016-biarritz-8C’est une des missions intimes que s’est fixée le temps d’Aimer, par la chance donnée de voir à Biarritz des créations ou des spectacles de ceux qui, toute l’année, ont fait du Pays Basques leurs ports d’attache.

Ainsi, le jeudi 15 septembre, il sera possible de voir le spectacle Aureo des « cousins » de Dantzaz (Erretenteria), vu et applaudi en octobre dernier à Bilbao.

poil-de-carotte-fabio-2Ancien danseur du Malandain Ballet Biarritz, le néo-chorégraphe Fabio Lopez présentera son très attendu Poil de Carotte (mardi 13/09), dévoilé très partiellement en janvier dernier en résidence de création à Biarritz.

Enfin, une très grande place est proposée aux compagnies basques, pour des spectacles en extérieurs des compagnons de route comme Lasala, Kepa Aguirre ou Zareno Zarelako (voir programme).


temps-aimer-biarritz-11Renseignements et billetterie ouverte sur le site du Temps d’Aimer 2016

Vente et renseignements également par contact téléphonique au 05 59 22 37 87, du 4 juillet au 26 août de 13h à 17h


Un programme bien plus convaincant que l’affiche 2016


Si, dans son édito, Thierry Malandain évoque en tant que chorégraphe « la problématique du grand écart », cette périlleuse gymnastique semble avoir frappé au moment du choix de l’affiche 2016, qu’il nous semble plus approprié à un message publicitaire pour une mutuelle santé, ou des commodités de confort, que nous avons pris un peu de plaisir à détourner.

Derrière notre plaisanterie pointe le regret de ne pas voir Biarritz prendre sa place dans ces manifestations d’importance qui confient à de jeunes créateurs et graphistes le soin de concourir entre eux, pour des affiches que l’on pourrait garder ailleurs que dans une salle d’attente de dentistes (sans les insulter).

Celle-ci est tout bonnement consternante, se prêtant à toutes les interprétations possibles, c’est à dire à aucune en particulier.

La présence ici de photographes professionnels aux talents établis et reconnus par le Ballet Biarritz ; l’existence d’un BTS Photo à Biarritz, et d’une Ecole d’Art partenaire de longue date du Temps d’Aimer : tout ceci pourrait être mis mieux à profit que ce type de visuel qui ne porte aucune autre ambition visible que de régler la question vite fait mal fait, au risque d’une déchirure esthétique pourtant largement évitable.


Exemples ci-après d’affiches de festivals de danse en France en 2016



 


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