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Temps d’aimer 2011 : L’âme (et Sébastien Perrault)

8 octobre 2013 > > Soyez le premier à réagir !

Il n’aura finalement été question que de cela, depuis le début de cette 21eme édition du TEMPS D’AIMER 2011.

Mis à nu, bousculé, commandé, ou enveloppé de lumière et de strass. Masqué dans une installation vidéo, ou exposé à vif, jusqu’au cœur. Le corps.

Les chorégraphes invités à Biarritz furent parfois amenés à faire comprendre par des mots le sens d’un travail qu’ils ont imaginé les yeux mi-clos. Mais ces mots se sont souvent trouvés impuissants à en restituer la force. Ou l’oppressante faiblesse. Ce corps est celui du danseur, exposé sous nos yeux aux noces sans certitudes du spectacle et de l’art. Chaque rendez-vous proposé a dessiné dès lors les contours d’une attente, dont l’impact a été autant observé par les organisateurs que par les compagnies présentes.

Spectateur, tu le sais, parce que tu l’as senti. Tu as recherché ce corps.

Dans l’affluence des spectacles que tu as choisis, et dans les réactions d’anonymes compagnons de route que tu as récoltées, tout de suite après, tu l’as dessiné. Tu l’as rêvé aérien, céleste, et le succès de l’étourdissante mise en beauté du Lucifer de Thierry Malandain a reposé tes yeux, et ton âme. Mais chaque matin continue malgré tout d’apporter son lot de retours sur terre, d’une gravité qu’il est impossible d’écarter.

Ce corps obsédant a aussi des cicatrices, je ne t’apprends rien, alors, tu l’as guetté, inquiet, jour après jour. Car tu le sais, et cette édition l’aura rappelé. La danse pour la danse n’est rien, si elle ne dessine pas un moyen de comprendre le monde.

Ce ne sont pas des fadaises, c’est même sa plus grande force. Un corps n’est pas rien.

L’exposer est un risque que l’on doit comprendre. En Tunisie, pour l’avoir oublié, le pouvoir de Ben Ali a implosé, dans un violent parfum de jasmin. Là où les opposants, les écrivains, les cinéastes avaient juste dessiné par des mots une esquisse du possible, le corps de Mohamed Bouazizi, immolé le 17 décembre dernier, a changé la face du monde. Sa mère le surnommait Bessbouss, « celui que l’on couvre de baisers« . Et à Damas, les citoyens se réunissent encore chaque nuit malgré les tueries, et, les bras levés, ils s’enivrent de liberté en dansant sur ce « Yallah irhal ya Bachar » (« Allez, dégage Bachar !« ) qui a fait le tour de la Syrie.

La danse pour la danse n’est rien.

Spectateur, chaque chorégraphe invité cette année aura souhaité te le rappeler. Le corps est un nom de l’âme. La mort ne s’y est pas trompée, qui s’évertue à les séparer.

Les voir réunis ici dix jours durant gardera le parfum d’un baiser éperdu.


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