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The Cut, les Nouveaux Sauvages, Loin des Hommes : les toiles passées à la moulinette

21 janvier 2015 > > 6 commentaires

La semaine cinéma du 14 janvier 2015 passée au crible de la boulimie de films de notre chroniqueuse Michèle Solle : et vous, vous en pensez quoi ?


Bêtes et méchants

Les nouveaux sauvages, réalisé par Damián Szifron, avec Ricardo Darín, Oscar Martinez, Leonardo Sbaraglia – 2h02 en VO – En VO à l’Atalante de Bayonne

nouveaux-sauvages-3Le film tombe à pic ! Comment , en 6 sketches, régler définitivement leur compte aux principes qui cimentent la société : tolérance, solidarité, égalité, fidélité, écoute, pardon, patience, obéissance aux lois . Dixit Alphonse Allais : « passé les bornes, il n’y a plus de limites . » Et quoi de plus jouissif que d’aller, par procuration, jusqu’au bout de pulsions violentes voire sanguinaires qui s’emparent de citoyens jusque là (ou presque) au dessus de tout soupçon .

Damian Szifron, le réalisateur argentin  nous offre pour le prix d’une place de cinoche, une belle catharsis de derrière les fagots.

Sûr que certains y feront la fine bouche, c’est pas bien tout ça ! Mais bon !

Entre une premier épisode délicieux qui joue le trou d’air en cabine et une noce d’une violence survitaminée et qui, à elle seule vaudrait déjà le déplacement, on vous fait miroiter quelques bonnes ou mauvaises raisons de jeter au feu la panoplie du bon citoyen.

nouveaux-sauvages-1Au milieu de cette mortelle anarchie, la vengeance du beau et indispensable Ricardo Darin, obligé de se venger de règlement iniques, apparaît comme une promenade de santé ! Ne pas s’y tromper, les frères Almodovar (vous saviez qu’il avait un frère Pedro ? ) ont produit le film ! C’est dire !


On attendait d’être emporté

The Cut, réalisé par Fatih Akın, avec Tahar Rahim, Simon Abkarian, Makram Khoury – 2h18 en VO – En VO au Royal de Biarritz et au Sélect de St Jean de Luz

the-cut-2Entre l’exquise comédie Soul Kitchen (2009), et The Cut (La Blessure) qui vient de sortir, Fatih Akim a fabriqué deux autres films, pas encore programmés en France…Pourquoi ? On ne nous dit pas tout : notez SVP  qu’ils s’y sont mis à 6 pays pour coproduire celui ci.

C’est que pour le dernier de sa trilogie sur l’Amour, la Mort et le Diable (deux excellents  premiers opus : Head On 2004, et De l’Autre Côté 2007) on devine notre Fatih Akim, réalisateur allemand d’origine turque chargé, voire écrasé par l’ampleur de la mission qu’il s’impose : parler du génocide arménien.

Il a choisi l’épopée, celle du forgeron qui, en 1915, voit les siens mourir sous ses yeux, et qui, après dix années de quête dans de terribles conditions, traverse des continents et retrouve sa fille au fin fond du Dakota. Le film dure 138 minutes !

the-cut-1On attendait d’être emporté… On est bien désolé de reconnaître que ça ne marche pas.

Couleur sépia, musique omniprésente, et une incompréhensible erreur de casting : Tahar Rahim, Le Prophète (imposé ? En tout cas mal dirigé), qui devrait porter le film sur ses épaules,  n’incarne le personnage qu’à de rares moments, et promène du début jusqu’à la fin une bouille d’ange hors sujet.

the-cut-3On a l’impression de feuilleter une BD : les aventures d’un artisan jadis heureux, jeté sur les chemins par la barbarie de la guerre et qui poursuit son but contre vents et marées, paria  du macadam et des déserts, dans la cruelle vague des immigrants de fraîche date sur le sol américain.

Signé d’un inconnu, on trouverait plaisant, mais voilà, comme vous disait l’instit- vous m’avez habitué à mieux – bah ! Il ne vous le disait pas ?

fatih-akinAu prochain, monsieur Akim ! « Tout est pardonné ! »


Un film d’hommes qui marche(nt)

Loin des hommes, réalisé par David Oelhoffen, avec Viggo Mortensen, Reda Kateb, Djemel Barek – 1h41 en VO – En VO à l’Atalante de Bayonne et au Sélect de St Jean de Luz.

loin-des-hommes-4On peut considérer le film Un Prophète d’Audiard comme une rampe de lancement pour jeunes acteurs : après Tahar Rahim qui joue dans The Cut de Fatih Akim, c’est Reda Kateb (Mafiosa) qui vient envahir l’écran de Loin des Hommes de David Oelhoffen. Avec Viggo Mortensen en acteur principal et en coproducteur très investi.

Un film d’hommes qui marchent, leurs pas remplacent les mots. Ils marchent à travers les montagnes de l’Atlas et on sait que Viggo Mortensen a pris le pouvoir sur le cadreur plus souvent qu’à son tour.

Superbes image, superbe décor pour un drame intérieur directement inspiré d’une nouvelle d’Albert Camus.

loin-des-hommes-1Dans une école nichée entre deux montagnes rouges, un Européen fait l’école à des enfants algériens. On ne sait d’où ils viennent tant l’endroit est ravitaillé par les corbeaux. Quand les gendarmes lui confient un prisonnier du bled, assassin de son cousin, pour le conduire à la ville se faire juger, il refuse, puis lui dresse un lit, le nourrit, dort à ses côtés. Et le lendemain, prend la route pour le sauver de la vindicte de leurs pairs respectifs.

Le vent, les pierres, le froid, la soif, et les mauvaises rencontres : on est en 1954, les rebelles du FLN sont dans les montagnes, les militaires français aussi qui nettoient sans état d’âme.

Aux abords de la ville, chacun d’entre eux devra choisir son enfer, ou retourner à sa quête d’idéal ou à la mort, ce qui, en l’occurrence, n’est pas si éloigné.

loin-des-hommes-2Mortensen incarne l’instit, un  pied noir espagnol, homme, revenu de tout, qui n’attend plus rien : personnage romanesque par excellence. Il lui prête son accent danois et force les plans de son regard d’iceberg, avare de gestes et d’expression. Minéral !

A ses côtés, Reda Kateb met du temps à s’ouvrir, à trouver sa place (une option de scénario ?).

loin-des-hommes-3Quant au spectateur, soit il connaît Camus, soit il meuble.

On a comparé ce film à un western, à raison. Dans l’ouest, sous le soleil, sous  les étoiles, pour les hommes se gardant des ennemis et des dangers, les choses sont simples et les états d’âme muets.loin-des-hommes-5


 


Commentaires

6 réponses à The Cut, les Nouveaux Sauvages, Loin des Hommes : les toiles passées à la moulinette

  1. Muriel dit :

    « Les nouveaux sauvages », tout comme Loin des hommes rencontrent à juste titre un public enthousiaste.

  2. Murielle dit :

    Loin des hommes : Je suis assez d’accord avec Michèle, mais j’ai trouvé parfois le film trop en contrôle, comme s’il cherchait à simplifier. Mais l’image est belle, la musique de Nick Cave est parfaite et il y a des moments délicats comme les au- revoirs entre Mohamed et Daru.

  3. « les nouveaux sauvages » : un bon moment d’humour noir, mais je suis resté un peu sur ma fin concernant la forme. Faire le choix de 6 séquences courtes ne dilue t-il pas l’émotion ?

  4. Un bon gros clin d’œil à Steven Spielberg pour son bijoux de 1971… « Duel ».

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