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The Dø, Festival Emmaüs Lescar [1] : de l’art de bien porter un anorak argenté

30 juillet 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Le groupe franco-finlandais The Dø a illuminé la première nuit du festival Emmaüs Lescar Pau, laissant dans l’oubli la prestation de Tricky et dans l’incertitude celle à venir de Gojira.

À l’affiche de ce 28 juillet, pour ouvrir cette huitième édition du Festival Emmaus du village de Lescar Pau, l’électricité impatiente était perceptible dès l’entrée avec la présence des très attendus hard rockers de Gojira et le trip-hop de Tricky, encadrant une affiche où figurait également le groupe pop The Dø.

Désignés pour les deux premiers comme potentielles têtes d’affiches de la soirée, l’interrogation semblait devoir se résumer à savoir comment compatir pour le groupe qui aurait la malchance de se retrouver entre les concerts de ces deux monstres.

À l’arrivée sur scène de The Dø, et particulièrement de sa chanteuse, Olivia Merilahti toute menue, tout semblait prêt pour qu’ils finsent en pâture pour les lions à chevelure fournie, déjà très excités au-dessus de tee-shirts noirs exhibant leurs préférences plutôt hard pour la soirée.

Et de se demander si leur pop rythmée, encore plus douce et mélancolique sur son 3ème album Shake Shook Shaken (2014), ferait le poids.

the-do-emmaus-lescar-6Engoncée dans son anorak argenté trop grand, il aura suffi que la chanteuse se présente face au public et baisse les yeux sur lui, d’un regard calme et d’une assurance souriante.

Après l’agacement de la performance passable de Tricky juste auparavant (en mode « je ne sais pas ce que je fais ici » et « pourquoi ne suis-je pas la tête d’affiche ? »), la foule se tut, absorbée par les yeux d’Olivia Merilahti, bordés d’un silence presque religieux, brutalement brisé par le lourd tempo du piano et des fûts de batterie.

Les premières notes de son tube On my shoulders vaut adhésion immédiate. En quelques secondes, oubliés les concerts de l’après-midi, ou les heures de routes pour ceux qui venaient de loin. Les chansons s’enchaînent, le public chavire.

Par des reprises extrêmement rythmées des plus violentes des deux premiers albums, les poitrines tremblent, les yeux grands ouverts sur la performance visuelle autant que sonore.

the-do-emmaus-lescar-8Alternance marquée entre les inévitables stroboscopes et des éclairages rasants coupant les silhouettes au couteau ; éclats de couleurs dans la fumée : la scène devient la palette d’un peintre gourmand de couleurs vives et de tremblements d’éclairs.

Contraste tendu et électrique entre la voix douce de la chanteuse et les basses lourdes et fracassantes des autres membres du groupe, tous exaltés comme sur un champ de guerre : la Grande Dame maîtrise son sujet comme on le dit d’une reine des siens, quand, d’un seul geste de bras, elle convoque les hurlements, le silence ou la frénésie.

the-do-emmaus-lescar-9Un rappel plus doux s’impose dès lors pour calmer la foule en transe, d’un Too Insistent rafraîchi et plus dansant que dans le souvenir de ses fidèles, elle leur réserve un salut souriant et modeste, les membres du groupe peuvent dès lors s’éclipser de la scène sous un tonnerre d’applaudissements.

Dans les loges, le groupe de hard rock Gojira préchauffe ses guitares d’un dernier coup de tronçonneuse. Moins facile que prévu, donc, désormais.

gojira-emmaus-lescar-1

A suivre dans Eklektika dès demain


 

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