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« The Revenant » de Iñarritu : western spectaculaire au goût prononcé de « too much »

24 février 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Ce mercredi 24 février est à marquer d’une pierre blanche, avec la sortie de The Revenant d’Iñárritu, dont le spectaculaire recherché s’oppose malgré tout à une véritable émotion.

Deux heures et demie où les spectateurs de The Revenant du Mexicain Alejandro González Iñárritu voit un trappeur, Hugh Glass, se battre pour survivre, sans pouvoir se débarrasser de cette impression de voir un acteur, Leonardo Di Caprio, ramper derrière la reconnaissance, anormalement pas oscarisée, de ses efforts.

revenant-inarritu-9L’événement est bien là, cette expérience de survie pure et dure dans une aventure instinctive et primale est également celle recherchée du spectateur, invité à se demander si, dans ses souvenirs, figure une telle expérience cinématographique.

Pour parvenir à cela, Iñárritu conserve la marque de son cinéma jusqu’au-boutiste, découvert avec Amores perros, et poursuivi jusqu’au précédent Birdman, multi-oscarisé, qui se proposait de raconter le combat théâtral d’un homme en un vrai-faux plan unique de deux heures.

Porté par la même volonté d’inscrire son nom dans un genre qui pense avoir tout raconté, le réalisateur a eu la bonne idée de s’adjoindre les talents du chef opérateur Emmanuel Lubezki, appelé à reproduire les mêmes miracles mystico-visuels des films de Terrence Malick, tout en proposant quelque chose de sauvage et d’animal à décréter comme « jamais vu ».

Le film atteint effectivement une virtuosité et un impact réellement spectaculaire, en particulier pour la scène d’ouverture (à ranger aux côtés de celle du Soldat Ryan de Spielberg), puis la lutte entre Glass et un grizzly.

revenant-inarritu-5Trois minutes d’apnée, et le début du calvaire du trappeur, qui secouera ses blessures durant 300 km pour mettre à bien son projet de revanche, dans une adversité hallucinante mais indiscutable puisque portant caution « based on a true story ».

Il est pourtant possible de minimiser l’importance de The revenant au regard de ses seuls enjeux liés aux prestations hallucinantes de ses acteurs (Di Caprio mais également, le magnétique Tom Hardy, le « méchant » du film).

revenant-inarritu-8Certaines scènes atteignent une réelle dimension de récit mythologique (la quête de rédemption de Glass) ou de ré-écriture capitaliste de la Ruée vers l’Ouest, mais Iñarritu reste obnubilé par cette obsession du spectaculaire, vers la seule célébration de son cinéma hors-normes et contraint une quelconque émotion liée à son récit.

La mode du guide Survivor est une tendance du cinéma américain inaugurée de façon définitive par Rambo 4, et qui peut correspondre à une période de cette civilisation où le « struggle for life » a besoin de nouveaux discours.

Jusqu’à la nausée parfois, malheureusement, une série de plans illustrant cette idée « d’en être », et de le partager comme une expérience uniquement physique.

revenant-inarritu-1Un combat déterminant entre les deux principaux protagonistes du film voit la buée de la respiration, puis des gouttes de sang se coller à l’œilleton de la caméra.

Un effet en trompe l’oeil, obtenu par effet numérique, versant dans un « too much » dont la durée de persistance à l’image (une trentaine de secondes) en dit plus long sur le cinéaste que sur le film.

revenant-inarritu-6

Alejandro González Iñárritu

Le sentiment de se retrouver devant un chef d’oeuvre pourrait donc ne pas être partagé par tous les spectateurs qui, par contre, ne seront pas déçus de s’être présentés devant le film le plus spectaculaire vu depuis des mois.


 


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