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Théâtre des Chimères : quatre raisons pour comprendre leur rentrée enthousiaste (et déterminée)

28 septembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Un nouveau festival Vuelta1, en petit frère des feu-Translatines, porté en synergie avec la Fac de Bayonne, des bonnes nouvelles et une envie d’en découdre avec cette rentrée : on a connu le Théâtre des Chimères plus porté vers la « mélancolie ».

Il y a une première indication sur le moral des troupes du Théâtre des Chimères, abonné aux nouvelles crispantes depuis quelques années (la précarité de leur siège à Biarritz) et en particulier cette année (avec l’arrêt politique de la biennale des Translatines par la Ville de Bayonne) : il faut aller chercher dans les échanges avec son directeur, Jean-Marie Broucaret, la petite phrase qui peut résumer à elle seule une rencontre avec la presse.

« Notre actualité n’engendre pas la mélancolie » aura donc marqué la présentation de la rentrée des Chimères cette année, dans un exercice long et dense à rapprocher de discours fidel-castriens, occasion sans doute de prouver l’attachement de cette compagnie à ses liens avec l’Amérique latine, interrompus au moment où ses fidèles spectateurs attendaient pour la 33ème année une nouvelle livraison de sa biennale de théâtre de ce continent.

Quelques assurances sur la possibilité de rester dans leurs locaux actuels (repeints pour fêter ça) ; des créations qui, « même si on n’en attendait rien de particulier, parfois », marchent très bien et tournent dans l’Hexagone ; un rôle de formation et de fabrique de jeunes créations théâtrales ; et une Vuelta1 imminente, comme « une lumière allumée dans une maison vidée de ses occupants d’avant » : on vous explique pourquoi ces quatre raisons portent à la fois « un devoir d’enthousiasme » et ce « heureux, content, enthousiaste » entendu il y a 3 jours dans leur antre.


Une aide inter-communale pour faire face au loyer

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De gauche à droite : Corine Jouart, chargée de communication et production, et Marie Julienne Hingant, administration et soutien historique du moral des troupes

Des locaux repeints à neuf tout l’été par les Amis des Chimères, de nouveaux volumes dégagés pour implanter une seconde scène de répétition théâtrale : le 75 Avenue du Maréchal Juin, à Biarritz, restera bien le siège des Chimères, après qu’un long travail de sensibilisation aux difficultés liées à un loyer de 50.000 euros annuels ait trouvé en face de lui une réponde solidaire des grandes villes de la côte basque.

Bayonne, Anglet et Biarritz pour 5.000 euros chacune ; la ville-soeur d’Hendaye pour 2.500 euros : les difficultés financières de ce pole de création théâtrale ont trouvé une réponse satisfaisante, permettant d’engager un bail 3/6/9 ans, dont la reconduction n’allait pourtant pas de soi au vu des moyens de son locataire.

Le mécanisme d’intervention des uns (subventions) ou des autres (aide exceptionnelle) forme malgré tout un avenir envisageable, et la rentrée a un goût de chantier sifflotant, quand Jean Marie Broucaret aura pris le temps en point presse de citer les (très) nombreuses interventions des Chimères tout au long de l’année.

De ses vingt ateliers de formation amateur aux relais de parcours artistiques en milieu scolaire, universitaire, médico-social ou autres lectures publiques, de Hendaye à Bordeaux ou Tarbes : la compagnie aura bien mérité de pouvoir compter sur un petit coin repos dans ce siège rempli de costumes, de dossiers administratifs mais également d’une bibliothèque spécialisée sur la pratique théâtrale.


Leurs créations gardent le vent en poupe

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« Elles s’appelaient Phèdre », avec Sophie Bancon et Catherine Mouriec

Les exemples ci-dessous valent enthousiasme et manches retroussées quant à la maturité du langage théâtral des Chimères.

D’une envie de reprendre Racine là où on ne l’attendait pas, le duo formé par Sophie Bancon et Catherine Mouriec continue de séduire au-delà des espérances de la compagnie, leur Elles s’appelaient Phèdre, proposé depuis mars 2014, continue d’enchanter public et programmateurs, qui lui ont donné un avenir loin de ses bases et profondément ancré jusqu’en 2016.

Le même duo sera aux commandes de ce Deux Soeurs, rencontre humaine et poétique faite avec l’auteur colombien Fabio Rubiano (Translatines 2013).

Deux ingrédients convaincants, qui ont immédiatement porté cette création (actuellement en cours) vers une coproduction avec la Scène Nationale Sud Aquitain (donné à Quintaou Anglet du 1er au 4 février prochain, dans la petite salle, et ça se remplit à une vitesse rare).

Puis direction le Théâtre National de Bordeaux Aquitaine dans les jours qui suivront, avant d’aller aux ATP de Nîmes confronter leur savoir-doser de la comédie féroce de cet auteur.

Faudrait-il rajouter que le succès de leurs Chemins du Brigadier n’étonnent qu’eux ? Une version spéciale scolaire, voire très minot, pourrait être décidée dans les semaines qui viennent.


De multiples résidences de création (essentielles) pour les jeunes troupes de la région

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De gauche à droite, Jean Marie Broucaret, Chimères, et Nicolas Beaufort, collectif Jabberwock

Rien n’est facile pour personne, mais il n’aura pas non plus échappé à la plupart d’entre nous que, dans le domaine de ceux qui ne se contentent pas de reprendre du Molière avant de frapper aux portes des lycées, le temps de création d’une pièce est long, et a besoin d’appui pour travailler son écriture.

Le public de la côte basque avait pu découvrir ces deux collectifs la saison dernière, et c’est une excellente nouvelle de voir Jabberbowck et Os’O revenir ici pour deux résidences de création.

Après avoir affronté les démons d’Alice et de Lewis Carroll, c’est à la figure de Peter Pan que s’attaquera le premier collectif nommé, avec une résidence aux Chimères du 21 septembre au 9 octobre, pour une sortie de résidence le vendredi 9 octobre à 20h30 (on vous en reparle très vite).

Leur Timon/Titus pêchait dans la définition de ses enjeux, mais revoir le collectif Os’O en résidence aux Chimères en avril prochain est une bonne nouvelle, partant de la forte impression laissée en novembre 2014 au Théâtre de Bayonne par ces comédiens de l’école supérieure de théâtre de Bordeaux (ESTBA).


La lumière d’un Vuelta1, face à l’ombre sur les Translatines

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A gauche, Béatrice Bottin, UPPA Bayonne

Des stupeurs et tremblements enregistrés autour de Bayonne après la décision de la Ville de Bayonne de ne pas reconduire son aide au festival des Translatines, on en mesure encore les secousses, qui ne sont pas toutes découragées.

Ainsi se profile dans quelques jours, à partir du 9 et jusqu’au 18 octobre, un Vuelta1 dont l’ironie bienvenue est vite dépassée par un vif intérêt.

Si ses détails restent encore un peu dans la discrétion, son enveloppe thématique est connue, le théâtre contemporain espagnol et latino-américain, ainsi que son organisateur, le Laboratoire de recherche Arc Atlantique de l’Université UPPA de Bayonne, représenté samedi dernier par Béatrice Bottin (dont il fut difficile de ne pas entendre le coup de gueule à la disparition des Translatines).

Des conférences autour de la venue de 40 références latino-américaines de la création, expérimentation et diffusion du théâtre contemporain latin auraient pu être en soi un événement important, sur Bayonne, Anglet, Bayonne, Boucau et Bidart : il passera au stade de « essentiel » avec 5 spectacles qui formeront un ADN connu (et très attendu) : « les Chimères ont fait en sorte que cela puisse se constituer comme un petit Festival », résuma Béatrice Bottin.

« Ni baroud d’honneur ni nouveau festival, Vuelta1 va nous permettre de garder cette flamme du théâtre » aura complété, assez ému, Jean-Marie Broucaret, dans l’émerveillement raisonné d’un jardinier considérant la prise d’une pousse qu’il pensait trop enterrée.

Ni tour de magie, ni opération divine : malgré son annulation forcée, le maintien d’aides de feu-Les Translatines, par le Conseil Régional d’Aquitaine et le Conseil Département des Pyrénées Atlantiques, et une intervention directe de l’Assemblée nationale, auront complété un panel financier encourageant, et décisif.

Soulignons que le « Bayonne garde sa porte ouverte aux Translatines » entendu dans sa majorité municipale n’a pas accouché d’un jeton de présence dans ce bel ensemble.


 


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