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‘Explicit content’ de Thierry Sanchez : convoquer l’hyperréalisme stupéfiant par la seule pointe d’un stylo Bic

4 novembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Exposés pour sa première fois jusqu’au 30 novembre, les dessins hyperréalistes de Thierry Sanchez à Biarritz provoquent un trouble gourmand et « explicit », à découvrir séance tenante.

Un seul coup d’oeil sur les dessins de Thierry Sanchez dans l’atelier du tatoueur Biarritz Ink (Halles d’Iraty), et on ne comprend pas pourquoi le gars ne s’appelle pas un truc comme Fabio Fetutacciani.

Ça poserait d’emblée une ambiance frivole et arty, de celles qui électrisent des itinéraires inattendus vers des talents tout justes dénichés, dans des private nuits de grandes capitales que ses oeuvres explicites convoquent.

Thierry-Sanchez-Bic-1Lui, anciennement transporteur lambda dans la journée, n’a pas cédé à nulle autre addiction que celle qui l’a prise, une pointe de stylo Bic à la main, durant ces heures nocturnes où Internet lui a offert les premiers modèles de femmes, crayonnées puis caressées de centaines de petits traits d’encre bleue.

L’hyper-réalisme de son travail est une définition possible qu’il accepte sans doute aujourd’hui, à même de traduire pour cet autodidacte le trouble né de l’impossibilité de ne pas imaginer être devant une photo, convoquant la défaite de Saint Thomas, réduit à bégayer, « je ne crois que ce que je vois », sans lui permettre de ne pas se frotter les yeux.

Thierry-Sanchez-Bic-3Avant de s’approcher, de constater la superposition des couches, qui forment volumes puis bouches ouvertes comme première réaction, devant la précision des traits, l’alchimie entre l’idée et la main pour que, au final, le trait infime fasse courbe, ombres, lumières.

Thierry-Sanchez-Bic-5« Artistiquement, j’adore les femmes » clôt le sujet du pourquoi, quand le comment nourrit une admiration qu’il constate, après n’avoir jamais exposé ailleurs que sur Facebook, et qui arrondit ses yeux à lui sur des vrais murs, « j’avais commencé par la peinture, mais je me suis senti enfermé par la technique nécessaire ».

Dirk Dzimirsky, Juan Francisco Casas, Paul Lung, Samuel Silva, Diego Fazio, pour les plus réputés : Thierry Sanchez est loin d’être le seul à dessiner au Bic, ce genre vaut un nouveau regard sur la création artistique et sésame pour une re-découverte du rêve de l’enfant qui s’ennuyait sur son cahier d’écolier.

Cette façon qu’il a de nous mettre au pied de nos certitudes visuelles est bluffante, il l’a compris, mais il ne sait pas trop comment « bien » gérer ça pour l’instant, « j’ai des cartons pleins de dessins, mais… ».

Il hésite, « j’aimerais m’attaquer à des formats plus grands », il pense « me confronter… », et complète, « désormais, je travaille avec un modèle, Sandie, avec l’impression d’un travail de A à Z… »

Derrière lui, d’autres dessins prennent forme sur des surfaces carnées, au stylo encre de tatoueur, « des traits et des lignes aussi » qui se croisent, se superposent et s’entrelacent, les deux univers font sens, dans cet atelier qui lui a ouvert ses portes pour sa première vraie expo.

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Photo Facebook Thierry Sanchez

Pour lui aussi, le « va et vient » de la main dresse le chemin entre le corps et sa représentation : celui qui amènera Thierry Sanchez vers d’autres horizons que sa feuille blanche ne surprendra que lui.

Des bijoux à l’Origine Ateliers de Biarritz et des envies de tatoo ici, chez Ink, comme premiers éléments concrets d’évaluation de son travail : lui ne pense qu’à s’améliorer, avec des dessins plus récents en quadrichromie, « toujours fait au Bic, je croise des teintes primaires pour obtenir la nuance », il fronce les sourcils, la même incertitude sur le front.

Il faudrait prendre le temps d’évoquer avec lui les enfers nocturnes et joyeux de Larry Clark, ou les intimités radiographiques sur lesquels les Anciens se sont penchés différemment avec une même insistance déraisonnable, mais, avant cela, il vous assomme d’un « je n’me rends pas compte, ça fait qu’deux ans » supplémentaire.

On va le croire. Mais surveiller sa route, désormais.

Thierry-Sanchez-Bic-11


Du Jeudi 15 octobre au Dimanche 30 Novembre

Biarritz Ink
Halles Darla N°26, Biarritz
Du mardi au samedi de 10h à 19h – entrée libre

Page Facebook de Thierry Sanchez


Thierry-Sanchez-Bic-16

(cliquer pour agrandir son article)

Un grand merci à Maitena Horiot, journaliste à la Semaine du Pays Basque, qui nous a alertés sur l’expo #milesker


 


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