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Timbuktu, le cinéma de Sissako pour rendre hommage à la résistance des siens

8 décembre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

A sauver de l’oubli et pour faire honte au Jury de Cannes qui l’a totalement ignoré, Timbuktu, le chagrin des oiseaux, le film du grand Abderrahmane Sissako, réalisateur mauritano-malien : le film sort le mercredi 10 décembre sur les écrans.

Retrouvez-le à L’Atalante de Bayonne (qui lui a consacré la couverture de sa Gazette) et au Royal de Biarritz

Le résumé :

Timbuktu_afficheNon loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane  mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à GPS, sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…

Timbuktu_4Fidèle à son Mali, et loin des démonstrations gesticulantes que certains attendaient peut être, il montre en scènes fluides et distanciées, presque muettes, une Timbuktu déchirée, à jamais flétrie.

Timbuktu_2Rompu l’équilibre entre hommes et nature, ruinée la confiance entre ethnies, volée la douceur de la vie, l’amour, la musique.

L’horreur venue d’ailleurs, ou peut être simplement réveillée, a tout gangrené, des analphabètes font la loi, découvrent leur pouvoir, interdisent, tuent.

Timbuktu_uneAlors, juste avant de mourir à son tour, autant faire semblant de vivre encore un peu et jouer au football même sans ballon.

Se jouant, comme à son habitude de la beauté des lumières et des couleurs, avec le vent pour allié, Abderrahmane Sissako rend hommage à la résistance des siens et livre un constat désespéré de la situation, sans cris et gémissements.

Timbuktu_1


Abderrahmane Sissako, son parcours et retour sur le dernier Festival de Cannes

Timbuktu_sissakoCinéaste et producteur mauritanien, né le 13 octobre 1961 à Kiffa en Mauritanie, le thème principal de son œuvre est l’exil, le déplacement, une peinture de l’Afrique nourrie de touches autobiographiques.

Après son très remarqué La Vie sur Terre en 1998, dont la force poétique fait écho aux textes d’Aimé Césaire, il réalise en Mauritanie et en 2002 Heremakono – En attendant le bonheur qui aborde en une série de tableaux sensibles et signifiants l’exil et les rapports entre l’Afrique et l’Occident.

Sélectionné dans nombre de festivals internationaux et notamment à Cannes où il obtient le prix de la critique internationale, le film reçoit également l’Etalon de Yennenga du Fespaco de Ouagadougou ainsi que le Grand Prix de la Biennale des cinémas arabes de Paris.

En 2006, dans la maison de son père au Mali, il tourne Bamako, où il met en scène un procès des institutions internationales face aux injustices que subit l’Afrique.

Lors du dernier Festival de Cannes, Télérama aura salué un film majeur, à l’unisson de la critique cinéma.

Sa grande préoccupation a été de ne jamais laisser l’élan politique l’emporter contrarier l’ambition cinématographique. Dénoncer mais le faire avec style et ampleur. Dans une large palette qui le fait passer de l’horreur au burlesque, notamment pour sa peinture de combattants de l’Islam aux manières de pieds nickelés un peu grotesques. «Je voulais montrer qu’ils sont avant tout des gens qui nous ressemblent. Que dans la barbarie, il y a aussi du doute et de la fragilité. Je voulais aussi montrer que l’Islam est le premier otage de ces guerriers qui le détournent pour soumettre les populations. » Il ne sait pas encore quand son film sortira. A l’automne sûrement. Ni où il pourra le montrer, chez lui, en Afrique. « Ce qui manque, on ne peut pas l’inventer : des écrans. Il n’y en a plus. » Un autre combat. Il y pensera plus tard.

Timbuktu_3

 


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