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Timon/Titus : le Collectif OS’O peine à trancher le cou de la dette

13 novembre 2014 > > 2 commentaires

Mercredi soir, et avant la représentation de ce jeudi, les Bordelais du collectif Os’o a montré une belle énergie pour captiver pendant deux heures et demie le public venu nombreux au Théâtre de Bayonne voir les comédiens en découdre sur le thème proposé : la dette, et ce que nous devons en penser, par le biais d’une double toile de fond shakespearienne.

« Je m’étonne que les hommes osent se fier aux hommes ; à mon avis, les invités ne devraient pas avoir de couteaux ; ce serait une économie pour la table et un surcroît de sécurité pour les existences » : le conseil emprunté à Timon d’Athènes a joué à plein pour la partie principale de cette recherche théâtrale, qui n’a pas lésiné dans les coups tordus d’une famille autour du testament du père.

Le sang versé (largement) a nourri les rires généreux de la salle, et conforté l’incipit selon lequel les 7 comédiens en donnerait « pour son argent » au public.

Tout cela aura donc pu paraitre sensible, intelligent, avec ce qu’il faut de cruauté. Les personnages se tirent le tapis sous les pieds, les cadavres s’accumulent, mais la partie n’a pas été gagnée pour taper juste sur le programme annoncé de tordre le cou à cette emprise de la dette sur nos vies.

Fallait-il en passer par la mise en scène très télévisuelle d’un (répétitif) débat entre experts pour en déployer initialement toutes les facettes ? L’humour déployé n’est pas un crime, mais avoir choisi de ne pas trancher a pu passer pour une faute gênante.

Aux tempéraments indéniables des acteurs aura sans doute manqué le rendez-vous attendu de la folie des hommes et du glaive du théâtre, expurgé de ces saynètes de vaudeville burlesque à la Feydeau, que l’on espérait disparues des nourritures de cette jeune génération talentueuse.

La vérité sur la dette est plus simple, plus immédiate, surtout quand fondée sur deux pièces très violentes de Shakespeare. Et elle aurait pu s’accommoder de moins de texte, ne nourrissant que l’envie de jouer de ceux-là, à l’âge où l’on n’est pas tout à fait sûr d’être compris.

Timon/Titus est un spectacle qui souhaite nous séduire, mais à qui il faut couper la tentation de ne pas trop nous bousculer. Le public, par une large ovation, ne lui en aura pas totalement tenu rigueur, qui aura applaudi les promesses affichées par ce collectif, et sa capacité éventuelle à faire encore évoluer leur spectacle.

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Commentaires

2 réponses à Timon/Titus : le Collectif OS’O peine à trancher le cou de la dette

  1. Sarrade dit :

    A table !… Le collectif OS’O est de retour !
    Excellent article de Ramuntxo Garbisu qui sait ici pointer parfaitement ce qui a marché de ce qui n’a pas fonctionné, hier soir non plus. Bravo aux comédiens du collectif qui comme l’an dernier (« l’assommoir ») se sont livrés à quelques sublimes parties de ping-pong-texte à huit. Bravo à leur sens de l’interprétation, également… belle énergie là où il est agréable de rire sur de tels sujets. Applaudissements moins fourni pour le metteur en scène, donc, qui, trop gourmand peut-être, a appuyé trop longuement son discours. Un dernier quart temps de fin de spectacle trop fade au regard des 3 premiers. Dommage. Pour la forme, mélanger le texte classique et le contemporain, nous renvoie à sa proposition de Jean-Marie Broucaret sur son tout dernier « Elles s’appelaient Phèdre »… proposition plus assumée et réussie que celle d’hier soir.

  2. Je pense aussi que le metteur en scène a été trop gourmand… C’est sans doute là le revers d’une médaille d’une troupe qui fait appel à un intervenant extérieur à chaque création. Un parti-pris original, mais qui, après ce Timon/Titus perfectible, doit être resséré…
    merci pour ton commentaire pertinent, Nicolas !
    Bien à toi…

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