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Timon/Titus, du collectif théâtre OS’O : ce qui est dû (ou pas)

12 novembre 2014 > > 2 commentaires

Mercredi 12 et jeudi 13 novembre, le collectif bordelais Os’O présente au Théâtre de Bayonne leur pièce Timons/Titus, une réflexion politique sur le sens de nos dettes.

Deux pièces de William Shakespeare (Timon d’Athènes et Titus Andronicus) ont fourni une trame de départ de la nouvelle création de ce jeune collectif de comédiens basés à Bordeaux, Os’O, déjà aperçu avec talent du côté de Bayonne l’an passé avec leur relecture de l’Assommoir de Zola.

detteA cette toile de fond, les 5 comédiens ont incorporé un élément central, le livre de l’anthropolgue David Graeber, Dette, 5000 ans d’histoire, pour les accompagner dans leurs réflexions. Et une méthode qui signe leur patte : travailler en collaboration avec un metteur en scène extérieur, le Berlinois David Czesienski.

Avec lui, déjà convoqué sur L’Assommoir, le collectif a repensé la culpabilité constante de cette notion de dette, tout en sachant ce qu’il doit également aujourd’hui à ces rencontres qui ont compté dans sa trajectoire, qui les voit prendre place sur des scènes importantes.

Le décor s’est imposé tout de suite : une réunion d’une famille, qui va faire le point pour régler une dette commune. Un endroit où l’on boit, où l’on mange, où l’on parle, où l’on débat… Et où tout explose.

Ce qu’ils doivent à leur creuset originel (le Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine) ou à cet engagement immédiat du Directeur de la Scène Nationale de Bayonne, l’an passé : échange de confidences ce mardi 11 novembre en pleine répétition, avant que les trois coups ne les libèrent dès ce mercredi soir.

Ce qu’ils doivent au TNBA

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Roxane Brumachon, Bess Davies, Mathieu Ehrhard, Baptiste Girard et Tom Linton ont pour dénominateur commun d’être tous des anciens élèves du Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine, désormais dirigé par Catherine Marnas. La magie a opéré, le collectif est né il y a 4 ans à leur sortie de l’école, avec l’envie de se plonger dans des créations atypiques, autour de l’idée d’inviter un metteur en scène extérieur pour leurs créations.

Le TNBA leur a donné cette force, par un stage effectué en 2009 à Berlin auprès d’un metteur en scène invité, David Czesienski, qui les a accompagné sur L’Assomoir, cette première création qui les a imposés comme une troupe à suivre.

La méthode de travail a été éprouvée, puis approuvée. Un travail en commun, où la place du metteur en scène est intégrée à un gros travail d’improvisation en amont, durant laquelle les comédiens écrivent eux aussi une grande partie du texte final.

Ce qu’ils doivent à David Czesienski

PORTRAIT_DAVID

Le thème de la dette a trouvé une résonance particulière chez ce metteur en scène berlinois, jusqu’à la traduction même de ce mot de dette.

« Chez nous, en allemand, le mot dette se traduit par Schuld, qui désigne également des notions comme la responsabilité, la culpabilité », confie-t-il, « nous avons donc travaillé sur ces lignes de discussion ».

Comment s’en acquitter ? De quelle façon et pourquoi une dette génère-t-elle de la violence ? À qui profite la dette ? Et pourquoi régler cette dette ? Qu’est-ce qui nous y oblige ?

La dette a alors été traitée comme un mot parasite qui a envahi la vie, en nous en offrant une vision catastrophique. Comment se fait-il que ces mots définissent si puissamment notre temps, sans pour autant que leur sens ne soient clair et compris par toutes les personnes qui les utilisent, ou qui les lisent ?

Le discours intra-européen a fonctionné à plein, socle instable sur lequel a pu être discutée la place de la culture dans nos sociétés à reconstruire.

Ce qu’ils doivent à la Scène nationale de Bayonne

collectif-oso-2L’an passé, la confiance du Directeur de la Scène Nationale Sud Aquitain pour leur première création, l’Assommoir, ne leur ouvre pas que les portes du Théâtre de Bayonne pour un soir.

« Nous avions discuté avec Dominique Burucoa de cette idée de création autour du thème de la dette et de Shakespeare, et il a tout de suite adhéré au projet », confie Bess, « et la confirmation d’une co-production avec le plus gros co-producteur d’Aquitaine nous a été confirmée juste avant Noël l’an passé ».

Tout va s’enchainer très vite par la suite, l’OARA rejoignant le projet, et l’ADAMI s’y inscrit également il y a quelques semaines, une semaine avant la première donnée à St André de Cubzac.

Le compagnonnage fonctionne à plein, qui leur donne les moyens de prolonger cette aventure, une opération de cash funding via KissKiss Bank Bank contraignant favorablement leurs « menaces » de jouer nus s’ils n’atteignaient pas les moyens nécessaires.

Ce qu’ils doivent à leurs jeunes âges

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En répétition sur la scène du Théâtre de Bayonne, la joie d’être ensemble est perceptible, pour cette pièce livrée il y a quelques semaines lors de deux représentations sur St André de Cubzac, après une résidence de création qui les a enrichis, au même titre qu’une expérience du même type dans un lycée de Parentis.

Le « très bon accueil » perçu aura eu valeur d’encouragements, dans un contexte où jouer sans CV hyper-fourni reste difficile sur Bordeaux. Lieux en difficulté financières, ou parfois trop exigus, la vie d’un collectif comme Os’O fonctionne à l’énergie propre.

Leur tournée précédente pour l’Assommoir a donné un pilier à leurs engagements individuels, décuplant leurs envies d’en découdre par la puissance du théâtre pour décortiquer les schémas sociaux existants.

L’engagement politique de Timon/Titus ne fournit pas le seul horizon du collectif, quand eux revendiquent la forme en amont de leur travail.

Inviter d’autres comédiens, un metteur en scène extérieur, garder la place de leurs improvisations, nourrir un univers commun chaleureux et plein d’énergie ? Ils traduisent leur ligne d’action par une phrase courte : « Garder le contact avec le public d’ici ».

Démonstration dès ce soir au Théâtre de Bayonne.

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Collectif OS4OTous les renseignements
sur le site de la Scène National Sud Aquitain

Découvrir le collectif Os’O sur leur site


 

 


Commentaires

2 réponses à Timon/Titus, du collectif théâtre OS’O : ce qui est dû (ou pas)

  1. […] soir, et avant la représentation de ce jeudi, les Bordelais du collectif Os’o a montré une belle énergie pour captiver pendant deux heures et demie le public venu nombreux au […]

  2. Sarrade dit :

    Belle démarche d’un collectif qui n’hésite pas à faire parler de lui. On les garde en tête pour leur prochaines fois.

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