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Du 9 au 11 oct : un Transit, mais pas d’arrêt pour les Chimères (en attendant le Mexique)

25 septembre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Les logiciels de retouche photos ne peuvent plus grand chose pour lui, il l’admet de bonne grâce. Jean-Marie Broucaret, metteur en scène bayonnais à la tête du Théâtre des Chimères depuis qu’il a renoncé à sa carrière d’enseignant (au siècle dernier), sait que l’heure de sa retraite officielle (« dans 2 ans et demi« ) est proche de lui, il s’esclaffe, et enchaîne. Le torero n’aura pas sa peau sans combattre (à lire samedi dans Eklektika), mais pour l’heure, il s’agit de poursuivre le mouvement, entamé voilà 23 ans, d’élévation jusqu’à nous et de programmation en Pays basque de ce théâtre latino qui fonde son ADN.

Les Translatines de Bayonne, passées en biennale depuis une dizaine d’années pour des questions budgétaires implacables mais finalement aussi organisationnelles, sont pourtant un exercice concrètement casse-gueule.

Une année pleine, et, dans cet entre-deux, l’impossibilité de se résoudre à une année vide. Le Transit est donc né, qui consiste en premier lieu à nous assurer que même Dieu est friand de représentations où le viscéral est imbriqué dans l’Autre.

Sur ses planches là-bas, ou courbé sur ses créations théâtrales, le frère d’armes de l’autre côté de l’Atlantique ne l’admettrait pas, qui attend que chaque année porte avec elle la possibilité d’être accueilli de nouveau du côté de Bayonne, ce qui résume la teneur de la conférence de presse que Jean-Marie Broucaret a tenu ce jeudi pour exprimer l’impossibilité de ne pas le prendre dans ses bras. Pour l’inviter. Une fois encore, un « toujours » au bord des lèvres.

broucaret

A gauche, Yves Ugalde, Adjoint Culture bayonne ; à droite, JM Broucaret

A ses côtés, le nouvel adjoint à la culture de Bayonne, Yves Ugalde, put osciller entre une solidarité sans faille vis à vis de ce travail d’accueil et d’ouverture, et une grise mine devant le désengagement de l’Etat, et le manque d’entrain unanime de l’agglomération (patience, samedi, oui, on vous racontera tout) pour accompagner une compétence culturelle : encore inexistante pour l’agglo Côte basque ACBA, elle est pourtant la bouée de sauvetage d’une telle entreprise de rapprochements (« la condition sine qua non » aura-t-il choisi d’employer)

Le drame ne se situe pas dans sa personne, Jean-Marie Broucaret l’aura répété doucement. Il ne tombera pas les larmes à la main, et le programme du Transit 2014 a le mérite d’être explicite. De la joie, de la connivence entre plusieurs personnalités, plusieurs nationalités, la culture est un sport de combat, de contact, et « la vie n’est pas un songe« , lui a confirmé le metteur en scène uruguayen Gabriel Calderon, qui sera mis en lumière à Bayonne, le vendredi 10 octobre

Son « Mi Muñequita«  sera mis en scène au Théâtre (la Scène nationale Sud Aquitain l’ayant co-produit), par un metteur en scène franco-égyptien, et joué par des jeunes comédiens chiliens, « Pour ainsi dire, toute la philosophie de notre travail depuis des années » résume Jean-Marie Broucaret.

Jean-Marie Broucaret, accueilli comme un bienfaiteur en Amérique latine, pour la porte maintenue ouverte en Europe depuis tant d’années ; célébré en Espagne par un Max Premio pour sa défense du théâtre ibérique ? L’an prochain est la seule chose qui le préoccupe (officiellement, oui, samedi), qui devrait voir le Mexique être l’invité d’honneur de l’année pleine 2015.

Pour l’instant ? Il ne demande que deux choses. Une pour lui, une pour « eux ».

TNBA-1« Eux », ce sont tous ces jeunes comédiens d’ici qui incendient les planches conquises de haute lutte avec les auteurs de là-bas (en particulier ceux du Théâtre National de Bordeaux Aquitaine, qui viendront faire une lecture de Pedro Paramo, du Mexicain Juan Rulfo, le samedi 11 octobre dans leur antre des Découvertes, à leur siège de Biarritz).

Il s’égare, s’enflamme et rajoute encore un vœu pour « eux » : que tout notre bassin de vie soit irrigué de théâtre. Qu’on ne lui parle plus de frontières (que lui ne cesse de survoler, en avion ou lunettes sur le bout du nez, avec un roman, une pièce devant lui).

Qu’on ne lui parle plus de « villes », Biarritz, Bayonne ou autre, quand ce « eux » nous désigne, citoyens avides de culture, qui nous en sommes affranchis depuis longtemps, en tout cas plus concrètement que nos premiers magistrats respectifs. Ce « Eux » qui trace l’inéluctabilité d’une conscience politique d’un ACBA Global Village.

quiela-2Ce « Eux » qui le nourrit, alors que le programme de ce Transit passera par les trois grandes villes, le chapiteau de Baroja à Anglet ouvrant les feux de la rampe avec le « Quiela » d’Odile Lauria, jeudi 9 octobre, une plongée dans l’enfer de la passion d’une épouse mexicaine qui devra lutter contre son désespoir pour s’ouvrir à la vie d’une femme libre.

Il en parle, se retient avant de nous en donner tous les détails, rigole, répète des mots comme « magnifique« , « passionnant« , qui ne se sont jamais fatigués dans ses lèvres, et dans son âme (ceux qui voient là de l’exagération sont invités à passer quelques instants avec lui pour s’en excuser).

Il en parle, et oublie son « lui ».

Il quitte la conférence de presse, et y repense. Pour « lui », il demandera juste à ce que, dans un futur encore lointain, on prenne éventuellement soin de lui garder une place de parking libre devant chaque représentation donnée dans ce ACBA Global Village qu’il a contribué à construire, sans mandat ni essoufflement.

Sinon, il klaxonnera.


Le programme du Transit 2014 à télécharger sur le site des Chimères



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