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Translatines 2013 : premier bilan enthousiaste – mais sans certitude(s)

20 octobre 2013 > > 4 commentaires

Les derniers éléments de scène ont été enlevés de la Maison des Associations de Bayonne, ce dimanche, mettant ainsi un terme visible à cette édition des Translatines, qui, 31 ans après après sa 1ère édition, seront rangés avec précaution, dans l’espoir de pouvoir servir pour la prochaine fois, la formule en biennale nous obligeant désormais à patienter jusqu’en 2015.

2015, vous aurez traduit ici :
– après les élections municipales de fin mars 2014 ;
– après la date de juin 2014, fin de bail du siège biarrot des organisateurs, Le Théâtre des Chimères, qui pourrait se traduire par la mise à la rue de la Compagnie, au vu des exigences financières imposées.

L’affluence impressionnante et la qualité globalement excellente des propositions des Translatines 2013 pourraient bien être reléguées au second plan derrière ces deux dates fondamentales.

Tout comme l’ouverture le 17 janvier 2014 du futur centre culturel du Quintaou à Anglet, à même de peser dans la balance du devenir géographique du Festival, si elle venait à ne pas pencher avec suffisamment d’ardeur du bon côté.

Pour notre part, souhaitons à l’équipe des Chimères de se sentir proche de Saint-Exupéry, « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible« .

Du monde à tous les spectacles, mais…

theatre« Désolé, mais il n’y a plus de place… Pour les prochains spectacles, on vous suggère de vérifier sur le site Digitick avant de venir directement… » aura été la phrase la plus entendue pendant ces 7 jours de Translatines, quand l’idée de venir « spontanément » s’est rarement montré judicieuse.

En termes de fréquentations, l’équipe des Chimères devrait rapidement communiquer sur un taux de remplissage aux allures de vote stalinien, le consensus populaire qui en découle caractérisant autant l’attrait des propositions que l’existence ici, en Pays Basque, d’un public fidèle et exigeant.

Théâtre et Maison des Associations de Bayonne, Colisée de Biarritz, chapiteau des écuries Baroja d’Anglet : une inter-communalité exemplaire, mais pas toujours équivalente en termes de confort. Sans insister sur la préférence de nos postérieurs pour un site plutôt qu’un autre, le principe de sur-titrage des textes (parfois défectueux) n’aura pas été apprécié de façon égale (les deux écrans de Baroja, placés de part et d’autre de la scène, n’étant guère pratiques pour une vision sans torticolis).

Des propositions de qualité, mais…

ventrePrésenté comme « le coup de cœur du Festival« , la compagnie colombienne Teatro Petra aura véritablement impressionné, de son féroce Sara dice à ce spectacle final, El vientre de la ballena, qui aura arraché autant d’applaudissements que de larmes discrètement dissimulées dans la pénombre.

En lecture le vendredi à La Luna Negra de Bayonne, la pièce Dos Hermanas de son metteur en scène Fabio Rubiano sera prochainement mis en scène par le Directeur des Chimères, Jean-Marie Broucaret, et aucun spectateur présent ce jour-là n’y aura trouvé à le déplorer.

Il faudra également bien du temps pour que s’estompent les frissons de ces Instrucciones para abrazar el aire de la compagnie équatorienne Malayerba.

jorgeMais cette année 2013 comptera aussi un certain nombre de déceptions, aux premières desquelles seront évoquées Las danzas privadas de Jorge Holguin Uribe : prometteur sur le papier, le spectacle du Colectivo Matacandelas (certes desservi par un surtitrage très insuffisant) aura paru par trop brouillon et inconsistant, les acteurs présents sur scène peinant également à faire valoir des talents remarquables.

Mais c’est essentiellement les compagnies d’Aquitaine qui auront déçu : à l’exception du tellurique Mala Clase de la Compagnie En Aparté, les trois autres propositions (La Cie des Songes, le Théâtre au Vent, ou le Burloco Théâtre) ont semblé trop timorées ou inachevées, pour comparer avec le risque théâtral apprécié ailleurs.

Une réputation acquise de longue date, sauf que…

profLa forte présence de médias latino-américains ou espagnols ; le nombre très important de lycéens en option théâtre venus de la France entière ; et ce rassemblement convaincant d’artistes latinos et de diffuseurs européens le mardi après-midi au Musée Basque (photo ci-dessus) : autant de signes qui ne trompent pas sur l’importance de l’évènement que représentent les Translatines.

Reste ce sentiment étrange de voir édition après édition l’indifférence sans politesse des médias nationaux français pour ce Festival étymologiquement exceptionnel (en dehors du journal l’Huma qui s’y est rendu, aucune ligne dans Libération, Le Monde, les Inrocks ou Télérama, auto-désignés paravents souvent orgueilleux de la quintessence culturelle).

Les mauvais points pourraient s’étendre également à la presse locale, peu encline à considérer que ces Translatines pouvaient constituer une proposition relayable jour après jour.

Heureusement que le funeste titre La Semaine du Pays Basque a attiré sur lui la totalité des regards moqueurs, la transparence de son relais médiatique trouvant son apogée dans l’inscription de quelques lignes vendredi dernier pour saluer ce « festival de toutes les musiques latines » (la seule question que nous devrions nous poser sur cet hebdomadaire mal embouché consiste à établir par prudence la composition chimique exacte de son papier, avant utilisation pour un barbecue familial ou pour un usage de secours plus intime dans des toilettes).

semaineUn évènement populaire, même si…

apéro critique TranslatinesNe donnant pas à ce mot la même définition que celui du fonds de commerce de Patrick Sébastien, les Chimères continuent de porter ce projet d’un Festival ouvert à tous, par ces apéros critiques du midi au Café des Pyrénées (où ont été entendus de vrais échanges entre spectateurs sur les spectacles de la veille) ou par ces soirées musicales à 23h30 à la Maison des Associations.

Pourtant plongé dans une économie tendue, jamais les Translatines n’ont dérogé à ce principe d’ouverture culturelle et de gratuité rattaché à son image.

Cela n’aura sans doute pas suffi cette année pour y attirer la venue de ces proclamés « Maire de Bayonne »-isables, qui ont brillé par leurs absences (ou par leurs venues terriblement discrètes ?) : ils auraient eu la possibilité de voir ainsi que les sympathisants des Chimères y ont distribué nombre tracts pour des appels de souscriptions, permettant déduction fiscale, afin de « faire face au péril qui pèse sur le projet artistique et éducatif, et le menace ».

Et nul aux Chimères ne sait aujourd’hui, après la fin de ces Translatines 2013, quel sera le sort de la compagnie passé ce délai-Damoclès de juin 2014.

De là à penser que la culture n’est pas un de leurs enjeux culturels est un raccourci odieux qu’un tout jeune web-magazine comme EKLEKTIKA ne se permettrait pas de franchir.

L’Amérique Latine entraperçue, certes, quoi que…

ramiro NORIEGA Equateur TranslatinesLa réaction sera venue jeudi soir de Ramiro Noriega, chargé des affaires culturelles à l’Ambassade de l’Équateur à Paris, et, avant cela, Ministre de la Culture dans son pays.

« Français, qu’attendiez-vous encore de nous ? » résuma en aparté ce sentiment de doute qui l’habite depuis plusieurs années devant la position officielle de la France face aux propositions culturelles latino-américaines, en particulier ici au Pays Basque, dans ces automnes rythmés par le Festival de cinéma de Biarritz et les Translatines de Bayonne.

Risque d’un regard encore un peu trop simplificateur, évident pour le premier événement : « sans parler de leurs qualités, la sélection faite des films qui y parviennent est guidée par la recherche de produits d’export, sans qu’il soit certain que l’Amérique latine d’aujourd’hui y soit réellement reflétée« .

Risque, parfois, d’une mauvaise lecture des spectacles de théâtre proposés par les Chimères : est posée ici la question de la réception du public, déboussolé parfois par des propositions très latinos, traduire ici « très intimes », à même d’échapper aux habituels marqueurs culturels redondants et lisibles.

La force des propositions singulières des Translatines, insiste-t-il, mais qui ne peut pour autant résumer l’Amérique Latine.

« Depuis une vingtaine d’années, ce continent porte un nombre incroyables de bouleversements sociaux et politiques enthousiasmants, bien supérieurs à ce que l’on peut voir pour l’Europe, et pour la France, en particulier. Car le regard officiel de vos gouvernants est encore faussé par deux handicaps : celui de croire que votre pays est encore et toujours au centre de l’univers, et celui de ne s’intéresser qu’aux pays marqués par des échanges commerciaux. Nous sommes bien plus que cela« , sourit-il.

Les 6 et 7 novembre prochains, son Président Rafael Correa fera une visite à l’Elysée, pour y signifier en particulier « combien les actions militaires de la France contre d’autres pays nous semblent gênantes et inappropriées« .

Avant cela, il aura fait ces jours-ci une intervention à Mexico sur le processus de paix en Pays Basque, deux ans après la conférence internationale d’Aiete.


Commentaires

4 réponses à Translatines 2013 : premier bilan enthousiaste – mais sans certitude(s)

  1. ISABELLE ROSSIGNOL dit :

    Article dense et riche qui evoque,en ligne de mire,le fond du probleme:l incapacite pour le politiquez des communes de bayonne et de biarritz d envisager la culture comme un bien commun que l on peut partager.
    C est ce qui frappe quand on arrive au pays basque:il n y a pas que dans le rugby que ces villes ne se melangent pas.au coeur de l esprit de certains habitants aussi.et nos hommes politiques ne sont apres tout que des citoyens ordinaires:les translatines appartiennent a la ville de biarritz ,par consequent meme si la ville de bayonne est au coeur du festival on ne s y deplace pas…

  2. ISABELLE ROSSIGNOL dit :

    Par contre je m interroge sur l absence de telerama ,le monde..ils s interessent au festival de mont de marsan et a de nombreux festivals de province..
    Connais tu les raisons de ce silence?s y sont ils interesses par le passe?

  3. […] 2007. Mais l’homme ne peut s’en contenter, quand 2014 et 2015 apportent déjà leurs lots d’incertitudes. « Personne ne veut nous voir disparaître« , résume-t-il, « mais […]

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