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« Tunnel », « Get out », « Jeeg Robot » : brochette inégale de frissons, avant le grand retour de la Bête

3 mai 2017 > > Soyez le premier à réagir !

Avant la sortie du « Alien Covenant » de Ridley Scott de la semaine prochaine, quelques films sur les écrans de ce mercredi 3 mai 2017 s’essaient à un crash-stress plus ou moins convaincant, dans une période où les occasions de trembler, en particulier avant le scrutin de dimanche, fournissent pourtant de quoi s’épouvanter.

Les calendriers de sorties cinéma ne doivent jamais rien au hasard, qui voient un certain nombre de films se dépêcher d’apparaitre dans les ultimes semaines avant les déferlantes de nouveaux films dévoilés au prochain Festival de Cannes, du 17 au 28 mai 2017 prochains.

Dans le cas de l’exploitation art et essai, ce renouvellement intégral des têtes de gondoles doit aussi intégrer un certain nombre de mastodontes du circuit plus commercial, qui tremble déjà d’excitation avec les promesses entrevues par la sortie du retour de la Bête (aucune allusion directe avec la montée insupportable du Front National ici), ce Alien : Covenant, de son maitre et créateur Ridley Scott, prévu au 10 mai 2017.

Des teasers absolument flippants ont fixé l’obstacle à lever dans les prochaines semaines, dans une redéfinition-étalon du film fantastique à déconseiller à vos grand-parents.

C’est dans ce contexte malgré tout que sortent ce mercredi des outsiders absolus dans le registre de frissons promis, dans un éventail parfois très exotique dont est exclue la nouvelle livraison de Terence Davies, Emily Dickinson, a quiet passion (2016 – 2h06 – au Royal Biarritz).

La prime-vie de l’une des plus grandes poètes américaines dans son pensionnat de jeunes filles de bonne famille, sur la route de son indépendance rebelle ne semble n’avoir provoqué que de l’endormissement doucereux chez les critiques spécialisés, tout confus de devoir expliquer que le ratage constaté provient tout de même d’un maitre britannique jusqu’alors incontestable (Distant Voices, Still Lives (1991) ou The Long Day Closes (1996).

Pour revenir aux frissons proposés, le film sud-coréen Tunnel de Kim Seong-hun (2016 – à L’Atalante Bayonne) promet un pitch intéressant : un homme bloqué dans sa voiture à cause de l’éboulement d’un tunnel autoroutier, une femme éplorée et combative, des secours désemparés, des politiques au moins aussi incompétents, et des médias à gifler.

Las, à force de vouloir désamorcer son récit de survivor story par une dérivation dramatique violono-pianotisée à outrance et d’autres détours vers une rigolomanie persillée à contre-sens, on ressent très vite l’envie (comme le personnage principal) de sortir de ce Tunnel le plus vite possible (35 jours pour lui, 2h06 pour le spectateur, mais ça reste long).

Nettement plus convaincant dans le registre de poils hérissés sur la peau, et malgré sa non-programmation en VO sur la côte basque (en VF au Select de St Jean de Luz et à MonCiné Anglet), le film-phénomène Get out de Jordan Peele s’appuie sur l’une des règles de base du bon film d’épouvante : la confrontation d’un jeune Noir venu rencontrer ses beaux parents blancs n’a nul besoin de justifier qu’il n’y a rien de plus terrifiant, aujourd’hui, que d’être un jeune Afro-Américain marchant seul dans une rue déserte aux Etats-Unis.

Sorti sous Trump, mais réalisé sous Obama, la fable sociale semble enrichir considérablement l’ensemble, qui joue comme avec une grenade sur la tension raciale pour y puiser l’exquise perversion que l’on retrouve chez les maîtres du genre.

Aux candidats de films frissonnothétiques n’ayant aucune envie de se mettre l’hydrocéphale en quatre sur une sortie cinéma, c’est du côté de Yan Kounen qu’il faudrait ranger l’ovni italien On l’appelle Jeeg Robot de Gabriele Mainetti (2015 – au MegaCGR de Tarnos).

Couvert de distinctions suprêmes dans son pays, il s’en serait fallu de peu que ce récit d’un voyou de bas étage, transformé par une irradiation en super-méchant inattendu, n’atterrisse pas sur les écrans français, le film semblant dépasser le seul statut de pochade pour reposer sur cette jouissance caressée d’avoir soi-même toujours rêvé de cela, « amour et divertissement mutant », précise la bible Télérama du jour.

Opiniâtre lecteur qui est presque arrivé au bout de cet article sans aucune envie d’aller se faire secouer dans un contexte national où le score de Marine Le Pen au 1er tour suffit déjà en cela,  c’est sans doute du côté de De toutes mes forces, réalisé par Chad Chenouga (au Royal Biarritz) que se situe la récompense.

Une autre trame plus authentique (et probablement auto-biographique), à ranger dans ces « petits « films » comme on le dit de « bonnes petites bouteilles de vin », pour une plongée dans le combat d’un ado pour cacher à ses camardes de classe sa vie en foyer, après le suicide de sa mère.

Une bande-annonce engageante, et la présence de la grande Yolande qui a toujours lu les scénarios de ses films avant de les accepter, viennent compléter ce que l’on avait oublié du réalisateur du très joli 17, rue bleue (2001), quand ce retour aux affaires a d’abord fait de lui pour De toutes mes forces le lauréat du Grand Prix du concours Sopadin du meilleur scénariste.

Encore loin dans l’espace, la Bête sanguinaire attendra encore une semaine pour les avaler tous, tandis que l’autre, immonde, devra se confronter à notre détermination jusqu’au dimanche 7 mai pour ne pas obscurcir notre printemps.


 


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