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« Une nuit pour bâtir le cri » : le collectif Jabberwock en prises avec ce qu’il vous reste de Peter Pan

2 novembre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

En octobre dernier, le jeune collectif bordelais Jabberwock est sorti d’une résidence de création à Biarritz sur la figure de Peter Pan, retour sur l’essence incandescente d’une écriture théâtrale à repérer comme une nécessité.

Enrique, Nicolas et Maëlle en catalyseurs initiaux et, depuis cet été, Julian et Juliette, qui ont renforcé les rangs du jeune collectif bordelais Jabberwock, à l’oeuvre l’an passé avec un premier cri, Ainsi je balbutiais mes premiers monstres, qui a emballé Jean-Luc Terrade et sa compagnie des Marches de l’Eté, au Bouscat.

Un primal séjour-laboratoire début septembre, autour d’une envie fondatrice, s’attaquer à ce qu’il nous reste de Peter Pan, quand la création n’avait pas encore son nom, Une nuit pour bâtir le cri, adoptée lors d’une première résidence au Théâtre des Chimères début octobre, chez les accueillants autour de Jean Marie Broucaret.

Photo : Guy Labadens, Théâtre des Chimères

Trois gars qui courent autour d’un canapé, un ballon qui vole, une épée qui change de main, « un jeu », ce mot qui désigne autant l’occupation essentielle des enfants que ce corps à corps théâtral, qui n’en est plus tout à fait, avant qu’ils ne s’approchent d’une table d’eau. Pour en faire quoi ?

La première des qualités des Jabberwock est de savoir qu’ils ne savent pas, avant de commencer, et le long temps d’écriture sur le plateau, nourri d’immersions dans la thématique attaquée en frontal, sait juste ce qu’ils ne veulent pas raconter.

Ne pas illustrer, ne pas résumer, mais trouver une énergie, furieuse, comme ce qu’il a été possible de constater à leur sortie de résidence à Biarritz le 9 octobre dernier.

La ressentir, puis la casser, l’arrêter d’une théâtralité qui surprend, regarder le public, savoir qu’il est forcément déstabilisé, pour recommencer à lâcher les freins, ils sont Jabberwock et n’ont pas l’intention d’être confondus avec la Comédie Française.

Plus que de s’emparer de l’imagerie de ces gamins effrontés du Neverland, éprouver dans leurs chairs ce que signifie un trio d’acteurs sur un plateau.

Leur théâtre est un défi qu’ils doivent d’abord affronter par eux-mêmes, un combat contre ce qu’il leur a été enseigné en cours dramatique à Bordeaux. Et faire leur ce sentiment d’insoumission crâneuse et de défiance par rapport au monde des adultes.

jabberwock-cri-1« Est-ce encore une affaire de jeu ? » devient l’interrogation qui les réunit, dans cette veine peu courante d’un théâtre physique portant acceptation de l’absurde, où l’oxygène est contrarié par la question essentielle de savoir qu’ils doivent produire « du jeu ».

Une voix off se charge de le leur rappeler, ils ont une nuit pour créer une maquette de l’ile de Nerverland, et ainsi accéder à des aides financières leur permettant d’exister dans un monde qui se charge de leur rappeler : comme dans la chanson de Brel, si ce ne sont eux, d’autres suivants prendront leurs places.

La tension entre l’envie et l’obligation peut alors résumer les deux pôles de leurs courses d’électrons, entre envie de « jouer » et obligation adulte de « produire ».

Enrique, Nicolas et Julian fracassent alors la porte habituelle du théâtre, qui fait des personnages à identifier, à « construire », les tenants de la pièce, remplacés par des lignes de dynamiques nourries de poésie et d’incarnatations très physiques (leur signature).

Jouent-ils encore ? Et si oui, à quoi jouent-ils ?

jabberwock-cri-4Les Jabberwock n’auront que la réponse qu’apporteront leurs spectateurs, tant bien mêmes ce nouveau « Cri » n’a pas fini de poser toutes ses questions, dans une forme délibérée d’urgence et de désobéissance à ce qui doit faire spectacle.

Ils portent l’avenir d’un défi précaire et forcément inconfortable, regardé sans ciller, brinquebalés entre les deux pôles aimantés de la jeunesse-créativité et de l’adulte-responsabilité.

Qu’ils refusent de choisir leur camp sans l’avoir ferraillé au coeur porte un feu salutaire, dans un paysage culturel trop souvent réduit au seul objectif d’être applaudis sur scène.

Ils sont les Jabberwock, ils n’appliqueront pas la devise des supermarchés, « satisfait ou remboursé ».

Leur présence à surveiller dans un futur agenda de théâtre en Aquitaine en renforce l’urgence de ne pas les perdre de vue.

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jabberwok-agendaPlus de renseignements sur le collectif Jabberwock, via leur page Facebook


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