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‘USOPOP Festibala’ : un coin de paradis et King Creosote

11 août 2015 > > 5 commentaires
©Murielle Barthe

La saison des festivals bat son plein ici et ailleurs. Il semble déjà une évidence que les festivals qui marchent sont ceux rêvés, pensés, organisés et animés par des gens qui veulent favoriser les rencontres, les croisements et peut-être aussi par des personnes qui connaissent la culture – les cultures – du pays.

Et de faire un retour en arrière avec USOPOP Festibala.

Proche d’un esprit « Big Chill », c’est un heureux mélange, qui s’est retrouvé le samedi 30 mai sur les hauts d’une montagne navarraise du coté de Sare. Impossible de ne pas penser à une publicité vantant un petit coin de nature où le bleu du ciel et le vert de l’herbe semblent photoshopés pour les besoins d’un magazine. LizarrietaUn décor proche de la perfection qui invite à la rêverie et au laisser aller le plus complet dès son arrivée, accueilli(e-s) par les sourires des organisateurs. Cette année encore, le line-up était à la hauteur de ses ambitions pour sa sixième édition. Un mélange de local, de national et d’étranger, de folk et d’indie pop-rock sous toutes ses formes, pour tous les goûts et âges.

© Murielle BartheUsopop fait la part belle aux groupes émergents et aux valeurs solides, tous habitués des festivals et des concerts en toutes circonstances. Une seule mission, faire taire les bavards avec leur musique.

Un seul enjeu, captiver l’audience, laisser une trace solide dans les têtes et oreilles de ceux qui sont venus parfois sans connaître un seul nom à l’affiche.

Puis il y a les fans de la première heure, ceux qui suivent un groupe, un chanteur et sont devant la scène, à montrer leur support et enthousiasme.

Les habitués de la scène musicale basque connaissent Petti. Seul avec sa guitare, sous le soleil, il a ouvert le bal.

Suivi par Thousand qui a impressionné par sa maitrise technique et la voix de Stéphane Milochevitch.

usopopLe soleil triomphant a donné rendez-vous à une lune encore timide en début de soirée avec King Creosote, qui inspiré par le changement de lumière et d’ambiance a passé de longues minutes à discuter, décidé à changer leur setlist oubliant les chansons les plus « upbeat » et optant pour un set plus contemplatif.King-CreosoteBelako, forts d’un titre de meilleur groupe révélation / meilleur live pour le magazine Rolling Stone Espagne n’ont pas déçu.BelakoLa danse avait aussi sa place avec Etorkizuna Kontzeptuak : cette fois-ci 6 danseurs alliant la danse traditionnelle basque et une chorégraphie contemporaine. Une démarche artistique de rigueur et des jeunes gens dont le spectacle a enchanté et fait regretter de ne pas avoir leur grâce légère.

Photo de Matiuzalem

Photo de Matiuzalem

Quitter le festival était difficile. Difficile de laisser derrière soi un endroit idyllique qui a gardé l’esprit de fête, de musique et de partage. Un endroit où on n’est pas obligé d’ouvrir son sac pour être fouillé, et où les prix ne sont pas prohibitifs, où les toilettes restent propres et les risques de vols sont nuls.

Peut-être parce que c’est un festival qui se mérite, qui demande la volonté de traverser le Pays-Basque, au risque de mettre sa voiture dans le fossé ou de se faire dépasser par les poussettes dans les côtes.

© Murielle Barthe


Et de vouloir parler d’un groupe avec vous lecteurs. Celui qui a ravi les cœurs et oreilles de beaucoup est un groupe écossais King Creosote. Et s’il est assez bien pour être un des favoris de l’écrivain Ian Rankin, il est assez bien pour Eklketika. KC a l’expérience de son coté, des années à arpenter les scènes et festivals écossais, anglais et parfois européens.

 © Murielle Barthe

C’est avec plaisir qu’il a accepté l’invitation d’USOPOP, comme un appel d’air et une envie de vacances, lui qui ne connaissait du Pays Basque que San Sebastian où il avait fait la manche avec un joueur de banjo français en 1990.

Tourner est difficile et parfois rare quand on est un groupe folk indépendant. Les festivals anglais sont un must, plus proches et plus à même d’acueillir le groupe dans son intégralité (8 musiciens) électrique ou accoustique. USOPOP a vu la version épurée avec Kenny Anderson et ses acolytes Andy Robinson aka Captain Geeko The Dead Aviator et Des Lawson du Fence collective.

Fence Records étant la maison de disques créée par KC, liée au label onthefly’s defence. « On peut aussi trouver ce que la scène musicale de Fife et ses alentours a de mieux s’abritant sous la bannière d’Alter Ego, vendant de temps en temps quelques vinyles et CDs faits main».

1-kenny_andersonLa faute à une envie de ne pas rester dans le systèmes des grandes maisons de disque et plutôt collaborer avec Domino, avec ce que cela comporte de sacrifices et aléas financiers.

Malgré une renommée qui dépasse les côtes de Crail, et une nomination au Mercury Prize pour Diamond Mines, malgré une quarantaine d’albums et collaborations « vinylesques » (on arrête de les compter), KC est un groupe qui assure dans les festivals avec plaisir, professionnalisme mais presque bénévolement, comptant encore sur ses fans et sur ceux qui pourraient le devenir pour acheter ses albums, « faire des concerts dépend des ventes d’albums, et on s’appuie sur le bouche à oreille pour continuer».

Il fait partie de ces chanteurs modestes et sympathiques, fidèles à des valeurs, racines et  amitiés. Il chante son pays, son histoire – ses histoires – avec tendresse, mélancolie et un humour ironique.

Il est le même sur scène et dans la vie. Avec l’envie de ne rien lâcher dans ses exigences musicales et de célébrer l’Ecosse par amour inconditionnel mais surtout pas par nationalisme, ce qui l’a poussé à voter « non » au référendum sur l’indépendance du pays.

Une opinion loin d’être partagée par son frère Gordon (que les initiés connaissent sous le nom Lone Pigeon aka The Aliens mais aussi comme l’auteur-compositeur et membre de The Beta Band).

« That might well be it, Darling » (2013) and « From Scotland with love » (2014), les deux sur Domino sont un bon début pour découvrir KC comme un groupe/chanteur dont la palette va au delà du folk. (Critique élogieuse du dernier album dans les Inrocks).

Puis quand séduit par les paroles, l’accent et la voix, on en veut plus, on ajoute alors Diamond Mines (2011) qui montre l’étendue de son talent avec une collaboration de qualité avec Jon Hopkins qui l’amène dans l’électro avec douceur et Bombshell (2013).

Les plus curieux et audacieux choisiront des morceaux de Fence Records, comme « Disclaimer » (fnc 17), « Psalm Clerk » (fnc 23), « Rocket DIY » (fnc 27) and « They flock like Vulcans to see Old Jupiter Eyes » (fnc 34).

Sans oublier sa collaboration avec la belle HMS Ginafore « love + hate = hate ». love_hate

Enfin parce qu’il ne suffit pas de juger du caractère de quelqu’un uniquement à travers sa musique, il est important de parler aussi de son humour, de sa sensibilité et surtout de ses choix culturels.

C’est pourquoi il a accepté de conclure notre entretien par quelques recommandations ;

un livre : John Macnab de John Buchan (auteur également des 39 Marches), un film: Gregory’s Girl (Une fille pour Gregory) de Bill Forsyth; et un groupe : Dan Lyth & the Euphrates.

Et de se dire que la relève de Bert Jansch est plus qu’assurée avec The Last King of Scotland.


 


Commentaires

5 réponses à ‘USOPOP Festibala’ : un coin de paradis et King Creosote

  1. […] La saison des festivals bat son plein ici et ailleurs. Il semble déjà une évidence que les festivals qui marchent sont ceux rêvés, pensés, organisés et animés par des gens qui veulent favoriser les rencontres, les croisements et peut-être aussi par des personnes qui connaissent la culture – les cultures – du pays.  […]

  2. Eric dit :

    J’ai eu la même impression en allant à Usopop pour la première fois cette année. Puis j’ai moi aussi apprécié King Creosote qui fut un coup de coeur pour beaucoup. Il fallait entendre tout ceux qui voulait en avoir plus et qui furent déçus par leur set un peu trop court.
    Merci d’en parler et de mieux les faire connaitre.

  3. Benoit dit :

    Véritable coup de coeur pour les écossais

  4. Aurélie dit :

    J’ai adoré le festival! l’ambiance, les petites tentes, le décor, la vue, les gens et les groupes qui sont passés. Je ne connaissais personne et je suis repartie super heureuse d’avoir découvert king creosote. Les photos sont belles et l’article exprime ce que j’ai moi aussi ressenti.

  5. Geoff dit :

    Heartwarming post for a lovely festival. Well done to the journalist and above all the organisers. Looking forward the next one!

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