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Les « Variations énigmatiques » d’Eric Emmanuel Schmitt : et les hommes « inventèrent l’impossible, ils inventèrent l’amour »

25 octobre 2016 > > Soyez le premier à réagir !

Samedi 22 octobre dernier, sur les planches du Colisée, la compagnie Horizon Vertical a donné corps aux personnages charismatiques des « Variations énigmatiques » d’Eric Emmanuel Schmitt, Abel Znorko et Erik Larsen. Un dialogue sans relâche porté avec talent, pour ce premier temps fort de la semaine. Jeudi 27 octobre, dans cette même salle, la compagnie jouera à guichet fermé « Petits crimes conjugaux », devant l’auteur.

Un décor de salon, des portes simulées sur chaque côté de la scène, les Variations d’Elgar en musique de fond. Voilà le huit clos qui va soutenir le dialogue entre Abel Znorko, un écrivain misanthrope, égoïste, qui a choisi de se retirer sur une île et Erik Larsen, un journaliste venu jusqu’à lui l’interviewer à propos de son dernier roman : une correspondance amoureuse. Un temps calme, a priori. Mais voilà que l’histoire commence comme un coup de feu.

variations-enigmatiques-eric-emmanuel-schmitt-horizon-vertical-biarritz-1.Deux personnalités s’affrontent. Le fait est que, encore une fois, l’auteur a su traverser deux personnages au fonctionnement opposé. Des vérités et des mensonges se confondent à la réalité, révèlent les masques que les deux hommes revêtent ou retirent tout du long de la pièce.

L’immobilité apparente est sans cesse bousculée par des émotions écorchées qui rodent autours de la passion, de la frustration, du désir ou de la solitude.

Entre les deux hommes, un troisième personnage, absent, prend forme, reprenant les dites omissions de la pièce musicale d’Elgar, écrite en 1899, supposant un troisième personnage à travers des énigmes. C’est une femme, mais elle est deux, elle aussi.

variations-enigmatiques-eric-emmanuel-schmitt-horizon-vertical-biarritz-3Elle n’a pas le même visage selon la façon dont on la raconte. Erik aime. Abel tombe amoureux. Les miroirs sont tranchants, chacun hurle sa vérité, chacun se coupe avec.

Erik Larsen – « c’est lorsqu’on n’aime pas la vie qu’on se réfugie dans le sublime ».
Abel Znorko – « Et c’est lorsqu’on n’aime pas le sublime qu’on s’embourbe dans la vie ».

Un ballet de rebondissements dessine un chemin improbable à la passion, l’approfondit sans l’alourdir. « La distance entre la paume et la peau, il y a une douleur sous chaque caresse, la douleur de ne pas se rejoindre vraiment (…) », le texte est un labyrinthe.

variations-enigmatiques-eric-emmanuel-schmitt-horizon-vertical-biarritz-2On découvre les visages comme on entre dans une pièce, on suit les raisonnements, pertinents à chaque angle, mur ou couloir humains franchi. On parcourt une vérité, quelle que soit celle que le personnage touche. Plus celui-ci fait tomber ses masques et les assume, plus l’humanité a le choix de prendre de la hauteur, jusqu’à la « chute », couperet rompant les cordes qui la retenaient encore.

Pourtant, le décor n’a pas bougé, on est toujours dans le salon, l’échange et la mise en scène ont fait sombrer l’espace-temps, depuis deux heures d’ailleurs mais ça, on ne s’en rend compte qu’une fois la pièce terminée, pas sans un « oh » de surprise en dégainant sa montre.

variations-enigmatiques-eric-emmanuel-schmitt-horizon-vertical-biarritz-8Le public est aspiré, tenu du rire aux larmes par un texte philosophique, cinglant et tendre porté haut par Franck Godard, dans le rôle d’Abel Znorko et Quentin Ostanel, dans le rôle d’Erik Larsen. Mais on n’en reste pas au chagrin. Quelque chose de plus grand se cache derrière, qui ressemble à un vertige, une conscience.

La compagnie Horizon Vertical, avec son concept « Une saison, un auteur« , a de quoi avoir le sourire, mais retrouverat plus tard nos chapeaux bas.

Pour l’heure, le festival se poursuit et si la pièce « Petits crimes conjugaux » du même auteur se joue à guichet fermé jeudi 27 octobre prochain, loin de plus grandes jauges qu’elle aurait pu remplir (complet depuis déjà plusieurs semaines), il sera possible de rencontrer Eric Emmanuel Schmitt à 18h30 à la librairie Darrigade à Biarritz.

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