Après 3 ans, plus de 1 000 articles écrits
par une trentaine d'auteurs, 1 700 dates d'agenda,
340 fils musique, 330 brèves de culture,
420 newsletters envoyées à 4500 abonnés
pour un total de 900.000 pages vues,

Eklektika s'arrête.

Merci à ceux qui nous ont fait confiance.

Si le projet vous intéresse : continuer@eklektika.fr

Retour en haut de la page
Twitter Facebook Contact Recherche

« Vuelta#1 » : plus que des Translatines-bis, l’esquisse d’une agglo culturelle de la côte basque

7 octobre 2015 > > Soyez le premier à réagir !

Un nouveau rendez-vous de théâtre ibérique et latino-américain, Vuelta#1, porté par les organisateurs des feu-Translatines de Bayonne (du 9 au 18 octobre), comme le signe d’un frémissement culturel et politique prêt à se transformer en une vague bienvenue.

Sous l’égide du Théâtre des Chimères, l’enfantement de Vuelta#1, « clin d’oeil à la création ibérique et latino-américaine », qui se tiendra dans les 5 villes de l’agglo de la côte basque (ACBA) du 9 au 18 octobre prochain, n’aura pas été des plus faciles, dans le contexte de suppression en 2015 de la biennale des Translatines, accolée habituellement au nom de ville de Bayonne, qui en décida la non-reconduction en début d’année.

A l’écoute du programme ce mercredi matin tel que présenté à la presse, l’on peut dire que le nouveau-né s’est présenté « par le coeur », une position plus délicate encore que « par le siège », celui qui aurait consisté à penser que, tel celui d’un sénateur, rien n’aurait pu attenter à ce rendez-vous populaire de la rentrée théâtrale locale.

vuelta-2015-5Son maître d’oeuvre, Jean-Marie Broucaret, n’a pas seul le mérite de l’accouchement, qui a germé dans le programme envisagé de longue date du colloque international de « création, expérimentation et diffusion du théâtre contemporain espagnol et latino-américain », porté l’équipe déterminée du Laboratoire de recherche LLC-Arc Atlantiques de l’Université de Bayonne Pau Pays de l’Adour (UPPA).

Comme dans toutes les histoires un peu fantastiques, l’enfant est né avec 5 têtes et 5 bassins.

5 têtes comme autant de spectacles qui seront proposés, de El bosque de Grimm par la compagnie andalouse La maquiné (le 13 octobre), proposé en partenariat avec Biarritz Culture, à ce Yo maté a Pinochet du Teatro errante du Chili (15 octobre), cette relecture d’Antigone par les Valenciens de Taninna Teatre (14 octobre).

vuelta-2015-3

El bosque de Grimm, par la compagnie andalouse La maquiné

Ou encore l’évocation du grand chanteur Atahualpa Yupanqui par le duo Beñat Achiary et Jesus Aured (16 octobre) et ses 5 heures de lectures vagabondes proposées dès le 9 octobre.

Et ses 5 bassins, avec, pour accueillir ce Vuelta#1, les 5 communes de Bayonne, Biarritz, Anglet, Bidart et Boucau qui se sont débrouillées dans l’urgence d’un calendrier perturbé d’en accueillir leur part « d’une lumière que l’on garde allumée, un feu entretenu, une porte restée ouverte », comme l’a introduit son architecte Jean-Marie Broucaret.

vuelta-2015-2

Yo maté a Pinochet, du Teatro errante

Certes, l’enfant nait dans un environnement un peu contraint, chaque ville ayant cherché, puis trouvé, une salle, des chaises pour les lectures, ou les moyens de faire la plus grande place possible à « l’inattendu », entouré auparavant par les bonnes muses du Conseil Général, du Conseil régional et de l’Assemblée Nationale : malgré la suppression de la Biennale attendue, les crédits provisionnés ont été maintenus, voire complétés par l’énergie d’un plaidoyer au plus haut de l’Etat.

Il n’a pas souhaité être sur la photo, précisant que cela n’était pas le sens de sa visite comme invité à ce rendez-vous de la presse, mais sa présence a fait sens : l’adjoint à la culture de Bayonne, Yves Ugalde, est venu répéter ce chantier ouvert d’une plus grande concertation entre les 5 villes de l’agglo, pour ne pas laisser les contraintes (réelles) guider seules les choix des communes, mais augmenter un rayonnement global de la culture sans toucher aux spécificités de chacune d’entre elles.

Le temps de discussion, très ouvert, permit d’entrevoir ce qui unissait contre ce qui oppose tous les acteurs, du politique à l’initiateur culturel et jusqu’au rôle d’évaluation que peuvent porter les médias.

vuelta-2015-4

El Eco de Antigona, par le Taninna Teatre

Côté public, il a été évident pour tous que ce Vuelta#1 provoquera une frustration au moins aussi grande que la qualité de ce qui a été mis en branle.

Les 180 places du Colisée au Biarritz, les 200 de la Black Box du Théâtre Quintaou d’Anglet, ou les 90 places des Découvertes au siège des Chimères, ne seront pas suffisantes pour épancher la fringale culturelle des spectateurs, surtout dans le contexte passionnel de crainte de voir ce rendez-vous ne plus exister (réservation impérative au siège des Chimères, 75 av Maréchal Juin à Biarritz, ou devant la salle 1 heure avant le début du spectacle).

vuelta-2015-1

A gauche : Jean-Marie Broucaret, Théâtre des Chimères ; à droite, Muriel Etchenic, responsable Jeune Public de Biarritz Culture

Avant d’avoir à établir la portée chiffrée de ce beau nourrisson, il est tout de même possible de saisir son poids symbolique, portant esquisse d’une volonté culturelle d’agglo de trouver les moyens de faire vivre collectivement ce qui fait sens, dans « ce sentiment instinctif de consoler l’humanité de ceux qui créent, comme par un réflexe d’indignation de risquer ne plus entendre ces voix-là », écrivions-nous en bilan du Festival de Biarritz du week-end dernier.


 


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment vos données de commentaires sont traitées.