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Zinegin Festibala, un arbre fragile pour cacher la misère du cinéma basque

27 novembre 2014 > > Soyez le premier à réagir !

Du jeudi 27 au dimanche 30 novembre, le Zinegin Festibala à Hasparren entend « mettre en avant la production cinématographique et documentaire du Pays Basque », une mission courageuse dans son état de désolation.

Le constat est parti cette fois-ci d’Hasparren, quand un groupe de jeunes du gaztetxe Ttattola, ont estimé que beaucoup de films d’excellente facture en langue basque étaient totalement méconnus du public, et se sont lancés il y a trois ans dans l’aventure de l’organisation du Zinegin.

zinegin-afficheDu vœu initial, fêté avec enthousiasme et chaleur humaine chaque mois de décembre quatre jours durant depuis 2012, il en ressort une sélection de longs métrages, de documentaires et de films courts qui peineront à endosser cette responsabilité quelque peu écrasante.

L’un de ses coordinateurs, Matiu Borda, le confesse, « le cinéma basque actuel est beaucoup tourné vers son passé, ou sur lui-même ». Et peine à décrire une recherche suffisante de films diversifiés, quand les producteurs possibles sont interpellés par mail ou par connaissance, « ça manque un peu de fiction professionnelle ».

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Xalbador d’Urepel

Une ouverture le jeudi 27 novembre avec un montage d’archives du village d’Hasparren de 1960 à 1973, et un documentaire sur le regretté improvisateur basque Xalbador d’Urepel, trouveront leur public, tout comme la rediffusion du documentaire pour la télévision de Sylvie Garat, Génération autonomistes basques, déjà projeté à l’Atalante de Bayonne et diffusé sur France 3 le 11 octobre dernier.

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Sylvie Garat, « Génération autonomistes basques »

Mais il faudra à l’évidence faire porter au film Loreak de Jon Garaño, projeté le dernier jour du Festival, la possibilité de voir juste une image de cinéma, ou bien, plutôt, une image juste du cinéma, quand ce long-métrage a eu l’honneur d’être l’un des rares films basques a être sélectionné en compétition officielle au dernier Festival International de cinéma de Donostia/San Sebastian.

Loreak

Avant cela, il faudra retrouver une âme d’enfant du pays devant Ataun of the Dead, carnaval de zombies carlistes, pour rire à la énième tentative d’un réalisateur basque de marcher sur les récentes traces horribilo-grotesques des Brujas de Zugaramurdi d’Alex de la Iglesias.

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Ataun of the Dead

Le cinéma basque serait-il une chose bien trop sérieuse, pour qu’il ne puisse à ce point encourager une initiative plus ambitieuse ?

La faute n’en incombe nullement aux jeunes et opiniâtres organisateurs du Zinegin, qui, avec 12.000 euros comme limite financière, se retroussent les manches et crachent sur la paume de leurs mains, dans un enfer pavé, par d’autres, de bonnes intentions.

Car la réalité est connue de tous.

Plus prolifique du côté Pays basque sud (ou espagnol), la production d’un cinéma basque (que cela soit dans sa thématique, son origine ou sa langue à l’image) est un chantier ouvert depuis fort longtemps en Pays basque nord (ou français), sans que ses ouvriers n’aient de nouvelles d’un véritable maître d’oeuvre.

Des auteurs existent, au Sud, et les nouvelles œuvres de Aiser Altuna (Bertsulari) ou Oskar Alegria (Emaj Bakia) sont attendues avec intérêt et impatience.

Mais au Nord, le soutien de l’Institut Culturel basque à Zinegin (et à la distribution ponctuelle du film Asier eta Biok d’Aitor Merino et Amaia Merino, cette année) ne peut cacher des mécanismes de production qui n’existent réellement que pour et par la télévision.

Ou par des actions de francs-tireurs (comme Audrey Hoc), porteurs de projets qui ne parviennent sur les écrans que par bricolages miraculeux et détermination invincible.

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Asier eta Biok

Cette invisibilité du cinéma basque, constatée par les soutards d’Hasparren, n’est de fait combattue par aucune réflexion concrète, quand bien même les appels du pied ne manquent pas.

Là où on aurait pu en attendre sa prise en charge déterminée, le Musée basque de Bayonne ne manifeste aucune volonté de le rendre visible (les divers meubles en bois semblent mieux s’entasser que les bobineaux de films). Et de nombreuses organisations territoriales locales, siglées « Pays basque », se contentent de faire du développement économique ou touristique le haut de leurs dossiers en attente.

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Archives du Musée basque de Bayonne. Photo : Ramuntxo Yallah

Le constat est sévère, né du désintérêt des décideurs locaux : ce territoire reste un pays sans images autre que celles de son passé, ou alors tournées vers son seul sol.

Un apport précieux, certes, mais bien loin de pouvoir définir une cinématographie.

Mais le pire est encore devant nous : « les meilleures productions sont hors de portée, en raison de stratégies d’exclusivité sur des festivals plus importants », admet Matiu Borda.

A ce jour, effectivement, Villeurbanne, Nantes ou Londres organisent des festivals de cinéma basque avec des films qui ne trouvent pas d’écran sur leurs terres d’origine.

london


agenda-zineginTous les renseignements
sur le site du Zinegin Festibala


 

 


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